Code de Pratiques Pour les Musulmans en Occident

Questions Diverses

Tu trouveras dans ce chapitre, cher lecteur, quelques règles légales et des consultations concernant des affaires vitales différentes difficiles à intégrer aux chapitres précédents en raison de leur caractère hétéroclite. Aussi j'ai préféré les réunir dans un chapitre indépendant sous le nom de questions diverses.

Parmi ces questions diverses, on a les règles suivantes:

Question 576 : II est conseillé de donner des prénoms comprenant le sens de l'esclavage envers Dieu (qu'il soit exalté), comme il est conseillé de donner les prénoms du Prophète Muhammad (que la bénédiction d'Allah soit sur lui et sa famille) et des autres Prophètes tels que Ibrahim, Ismā'īl, Ya'qb, Sulaymān, Dāwd, Mūsā et 'Isa (que la paix soit sur eux).

Il est également conseillé de les appeler 'Ali, Al-Hasan, Al-Husayn, Ga'far, Tālib, Hamza et Fātima.

Il est déconseillé de leur donner les prénoms des ennemis de l'Islam et des ennemis de la famille du Prophète (que la paix soit sur elle).

Question 577 : La garde et l'éducation de l'enfant, qu'il soit garçon ou fille, durant les deux premières années lunaires de sa vie, sont du droit des deux parents d'une façon égale. Il n'est, donc, pas licite au père de séparer l'enfant de sa mère pendant ces deux années. Après ces deux années, ce droit de garde est alors réservé au père uniquement mais, par précaution, qu'il ne sépare pas l'enfant de sa mère avant qu'il n'atteigne l'âge de sept ans.

Question 578 : Si les deux parents se séparent, suite à l'invalidation de leur contrat de mariage ou à un divorce avant que l'enfant, garçon ou fille, n'atteigne deux années lunaires, le droit de garde pour la mère n'est pas annulé tant qu'elle ne se remarie pas. Il est, donc, indispensable que les parents se mettent d'accord pour pratiquer leur droit commun de garde, chacun son tour ou de n'importe quelle façon sur laquelle ils se seront entendus.

Question 579 : Si la mère se marie après s'être séparée du père, son droit de garde de l'enfant est annulé et cette garde devient le droit du père uniquement.

Question 580 : Le droit de garder l'enfant prend fin au moment où l'enfant devient majeur.

Dès sa majorité, il n'est du droit de personne de le garder, ni les deux parents ni d'autres personnes. H est, alors, le maître de ses propres décisions qu'il soit garçon ou fille. Il peut choisir de rejoindre un de ses deux parents ou encore quelqu'un d'autre. Mais si se séparer d'eux impliquait leur faire un mal en raison de la pitié qu'ils ont pour lui, il n'est pas licite pour lui de les contrarier et s'ils sont en désaccord à ce sujet, la mère est prioritaire par rapport au père.

Question 581 : Si le père meurt, la mère devient prioritaire, sur les autres, pour garder l'enfant jusqu'à sa puberté.

Question 582 : Si la mère meurt pendant la période où elle a le droit de garde de ses enfants, ce droit devient alors spécifique au père.

Question 583 : Si la garde de l'enfant est du droit du père et de la mère, il est également du droit de l'enfant sur eux. Il faut les obliger à le garder s'ils refusent de le faire.

Question 584 : Si les deux parents viennent à disparaître, le droit de garde des enfants revient au grand-père paternel.

Question 585 : II est licite à celui qui a le droit de garde de l'enfant, que ce soit l'un des deux parents ou quelqu'un d'autre, de céder ce droit à une autre personne s'il est sûr que cette personne va le garder à condition qu'il le fasse légalement.

Question 586 : Celui qui obtient le droit de garder l'enfant, l'un des deux parents ou une autre personne, doit remplir les conditions suivantes: il doit être raisonnable, digne de confiance pour la santé de l'enfant et il doit être musulman. Donc, si le père était mécréant, que l'enfant est jugé musulman et que la mère était musulmane, cette dernière a seule le droit de garde de l'enfant. Et si le père était musulman et la mère mécréante, le droit de garde est pour le père seulement.

Question 587 : II est obligatoire au fils d'assumer les dépenses de ses deux parents pauvres.

Question 588 : II est obligatoire au père d'assumer les dépenses de son enfant pauvre que ce soit un garçon ou une fille.

Question 589 : Pour qu'il y ait obligation d'assumer les dépenses de son proche qui est pauvre, il faut que ce dernier ne trouve pas ce dont il a besoin pour vivre effectivement tels que la nourriture, des vêtements, des couvertures, une habitation et les autres choses de ce genre.

Question 590 : II n'y a pas d'évaluation légale pour la pension du proche. Ce qui est dit obligatoire est d'assumer les dépenses qui lui assurent sa vie tels que nourriture, habits, habitation et autre en fonction de son état et de ce qui lui convient selon l'époque et le lieu.

Question 591 : On a comme condition pour qu'il y ait obligation d'assumer les dépenses du proche, que celui qui doit assumer ces dépenses soit capable de le faire après avoir assumer ses propres dépenses et celles de sa femme permanente.

Question 592 : Si celui pour qui il est obligatoire d'assurer les dépenses de son proche, refuse de le faire, alors il est licite, à ce dernier de le contraindre à le faire, même en portant plainte auprès d'un juge et même si ce dernier était injuste. S'il n'a pas été possible de l'obliger, alors qu'il avait les moyens financiers, il est licite à son proche d'en prendre le nécessaire pour ses dépenses avec l'autorisation du juge légal. Sinon il est licite au proche de contracter des dettes en son nom avec l'autorisation du juge et dans ce cas, celui qui doit assumer ses dépenses devient responsable du remboursement de ces dettes et il est obligatoire pour lui de le faire. Si celui qui a droit à ses dépenses n'a pas pu se référer au juge pour avoir son autorisation, qu'il se réfère à l'un des croyants justes à sa place, puis contracte des dettes avec son autorisation en vue de couvrir ses dépenses et il devient donc obligatoire à l'autre de les rembourser.

Question 593 : Si la protection de la noble religion et de ses règles sacrées et la sauvegarde de l'honneur des musulmans et de leurs pays dépendaient du fait qu'une ou plusieurs personnes dépensent une partie de leurs biens, cela devient obligatoire et celui ou ceux qui dépensent de leurs biens dans cette voie n'ont pas à prendre l'intention de réclamer ces dépenses par la suite et ils n'ont pas le droit de les réclamer à quiconque dans ce domaine.

Question 594 : II n'est pas licite d'enfermer l'animal, qu'il soit une propriété ou non, et de le laisser sans manger ni boire jusqu'à ce qu'il meure (regarder les questions et réponses qui suivent dans ce chapitre).

Voici, mon cher lecteur, quelques questions spécifiques à ce chapitre suivies des réponses de son Éminence, Al-Sayyid (que Dieu le garde):

Question 595 : Est-il licite de photographier ou de mettre en scène un spectacle montrant le Prophète Muhammad (que la bénédiction d'Allah soit sur lui et sa famille), un des Prophètes qui l'ont précédé ou l'un des Imams infaillibles (que la paix soit sur eux) ou encore porter les symboles historiques sacrés à l'écran du cinéma ou de la télévision ou encore au théâtre?

* II n'y a rien qui empêche de le faire si on observe les règles de respect et si ce spectacle ne contenait pas ce qui pourrait nuire à leurs images sacrées dans l'âme des croyants.

Question 596 : Est-il licite de donner en cadeau à un mécréant le Coran, les invocations et les louanges afin de protéger, de donner des contributions ou de rendre la santé?

* Rien n'empêche de le faire si cela n'implique pas une offense et si on observe les règles qu'il faut respecter.

Question 597 : Certains papiers portent les noms de Dieu, ceux des Imams infaillibles (que la paix soit sur eux) ou quelques versets coraniques et il n'est pas possible de les jeter à la mer ou dans un fleuve. Que peut-on faire de ces papiers alors que nous ne savons ni où vont les sacs d'ordure, ni ce qu'ils deviendront?

* II n'est pas licite de mettre ces papiers dans les sacs d'ordure car cet acte comprend l'offense et le déshonneur, mais rien n'empêche d'en effacer l'écriture même en utilisant
certains produits chimiques, de les enterrer dans un lieu pur ou de les couper finement en tous petits morceaux comme de la terre.

Question 598 : Est-ce que faire la divination au moyen du Coran (al- 'istihāra) selon la méthode suivie chez nous est encouragée légalement et est-ce qu'elle existe dans des textes? Y a-t-il un mal à la répéter en faisant l'aumône pour qu'elle s'accorde à l'envie de celui qui le fait?

* La divination au moyen du Coran se fait en ayant l'espoir de s'approcher de Dieu. Elle se fait lorsqu'il faut choisir entre plusieurs possibilités et que rien, ni la réflexion, ni les
conseils d'autres personnes, ne peut rendre l'une de ces possibilités meilleure que les autres. Le fait de la répéter n'est pas bon sauf si son sujet est différent et le fait de faire
l'aumône en payant un peu d'argent rend ce sujet différent.

Question 599 : Quelles sont les limites que vous déterminez pour vos représentants lorsqu'ils veulent utiliser les droits légaux qu'ils reçoivent pour leurs dépenses personnelles?

* Ce qui est cité dans l'autorisation que nous donnons au représentant consiste à dépenser le tiers ou la moitié (par exemple) des droits financiers légaux qu'il reçoit dans leurs
lieux déterminés légalement. Ceci veut dire qu'il n'y a pas de pourcentage précis destiné aux dépenses de celui qui a cette autorisation, il se peut même que cette personne n'ait pas du tout le droit d'en utiliser pour lui comme, par exemple, s'il était de la lignée du Prophète et que le droit perçu fait partie de la zakat qui est destinée à ceux qui ne sont pas de la lignée du Prophète et à ceux qui ont leurs jugements.
A la lumière de cela, le représentant a le droit de prendre ce juste dont il a besoin pour les dépenses qui conviennent à son état et s'il estime, et Dieu est témoin sur ses actes, qu'il mérite d'utiliser les droits légaux pour ses propres dépenses, parce qu'il réunit les conditions citées dans l'épître pratique comme, par exemple, s'il est pauvre au sens légal du terme, s'il fait partie de ceux qui ont droit à la zakat ou à des parts qui sont spécifiques aux gens de la lignée du Prophète ou s'il veut utiliser cet argent pour combattre des injustices etc...
Ainsi, si cette personne rend un service légal public et travaille pour répandre la religion alors il mérite, pour cela, de prendre une partie de la part de l’Imam (que la paix soit sur lui) en fonction de ce qui convient avec ce travail et ce service qu'il a fait pour la religion.
Par contre, si cette personne ne méritait pas de prendre les droits qu'il a reçus, il doit dépenser la somme déterminée de cet argent là où il est prévu légalement de le faire.
Si la personne responsable n'avait plus confiance envers le représentant du marga' en raison des erreurs qu'il a commises en ce qui concerne les droits financiers légaux:

Question 600 : a- Est-il licite au responsable de parler de cela devant les autres, même s'il n'était pas sûr de ce dont est accusé le représentant? Quelle serait sa position, s'il était sûr de la véracité de cette accusation?

* II n'est pas licite d'en parler dans les deux cas. Toutefois, dans le second, il lui est possible de renseigner directement le marga' de cette situation tout en conservant le secret afin que le marga 'prenne les mesures nécessaires.

Question 601 : b-Est-ce que le responsable doit continuer à payer les droits légaux au représentant tant qu'il n'est pas sûr que ce dernier n'est pas digne de confiance?

* Au contraire, il paie les droits légaux à la personne dont il est sûr qu'elle est fidèle et honnête et qu'elle fait son travail en fonction de sa procuration en dépensant une partie de ces
sommes là où il est prévu légalement de le faire comme on l'a vu précédemment et en faisant parvenir le reste au marğa‘.

Question 602 : Est-il licite de dépenser la part de l’Imam (que la paix soit sur lui) sans prendre, au préalable, l'autorisation du marğa‘, si on considère qu'il y a lieu de la dépenser et que ceci contentera l’Imam (que la paix soit sur lui)?

* Faire cela n'est pas licite et on peut ne pas en obtenir le contentement de l’Imam (que la paix soit sur lui) en dépensant son droit du quint sans prendre l'autorisation du marğa‘le plus savant, puisqu'il est probable que l'autorisation du marğa‘ implique l'obtention du contentement de l’Imam (que la paix soit sur lui).

Question 603 : Est-il licite de dépenser la part de l’Imam dans des projets de bienfaisance, alors qu'il existe des dizaines de milliers de croyants qui sont nécessiteux et qui ont besoin d'un morceau de pain pour se nourrir ou d'un vêtement pour se couvrir ou d'autres choses ce genre?

* II est indispensable de dépenser la part de l’Imam (que la paix soit sur lui) en respectant les priorités. Par précaution, l'évaluation de cela revient au jurisconsulte le plus savant, qui connaît les domaines généraux pour faire ses dépenses.

Question 604 : Parfois des grains de riz tombent dans les égouts lorsqu'on fait la vaisselle.

Est-ce que cela est licite? Est-il obligatoire de prendre des mesures afin d'éviter qu'ils n'y tombent pas et ce en grande ou en petite quantité sachant que prendre ces mesures est une chose difficile?

* Cet acte n'est pas licite si leur quantité est telle qu'on peut en tirer une utilité même si ce n'était que pour alimenter un animal et même s'ils sont en petite quantité. Cet acte n'est pas licite si les égouts sont sales et si le fait d'y jeter ses grains peut être considéré, selon les coutumes, comme une négligence envers les biens que Dieu (qu'il soit exalté) nous donne.

Question 605 : Est-il du droit d'un poète de faire une invitation pour organiser une soirée poétique, alors qu'il sait que des femmes non voilées et maquillées vont y assister pour écouter ses poèmes?

* Rien ne l'empêche de faire cela en soi, mais il est tenu de faire son devoir en ordonnant le bien et en empêchant le blâmable si les conditions pour faire cela étaient réunies.

Question 606 : Les écoles demandent à leurs étudiants de dessiner un homme ou un animal et il est difficile à l'étudiant de désobéir. Lui est-il licite de faire cela? Et quelle serait la situation si on lui demandait de le sculpter et non de le dessiner?

* II est licite de faire des dessins sans relief dans l'absolu. Mais, par précaution obligatoire, il faut éviter de faire des dessins avec relief pour les êtres ayant des âmes. Le fait que cela soit un devoir d'école ne justifie pas la désobéissance à cette précaution obligatoire sauf si une nécessité l'imposait, comme dans le cas où cela impliquerait, par exemple, le renvoi de
l'élève de l'école ce qui lui causerait une gêne insupportable habituellement.

Question 607 : Est-il licite d'acheter des statues sculptées d'un être humain complètement nu, homme ou femme? Est-il licite d'acheter des images d'animaux sculptés en relief et de les accrocher pour décorer son habitation?

* II n'y a pas de mal à acheter les objets cités dans la deuxième partie de la question. Par contre, si le fait d'acheter les objets cités dans la première impliquait que la corruption se
répande, cet achat n'est pas licite.

Question 608 : Celui qui lit les lignes de la main ou celui qui lit l'avenir dans les tasses de café fait des prévisions concernant la vie présente et à venir d'une personne. Est-ce que ceci est licite si la personne qui a bu la tasse de café prend en considération ce que va lui être lu dans cette tasse?

* Puisque ces prophéties n'ont pas de valeur, il n'est pas licite au voyant de prétendre que ces dires sont véridiques comme il n'est pas licite à l'autre personne d'agir en fonction de
ces prophéties. Cela ne pourrait être licite que suite à une preuve raisonnable ou légale.

Question 609 : Est-il licite de pratiquer l'hypnose? Est-il licite de faire venir des esprits?

* II est illicite de faire de ces deux choses car elles peuvent nuire à quelqu'un à qui il est illicite de faire mal.

Question 610 : Est-ce qu'utiliser des Djinns pour résoudre les problèmes des croyants est licite?

* Cette question a le même jugement que la question précédente.

Question 611 : Est-il licite de faire des combats de coqs ou de taureaux après avoir obtenu l'autorisation des propriétaires de ces animaux?

* Tant qu'ils n'impliquent pas un gaspillage d'argent, ces combats sont licites mais déconseillés.

Question 612 : Quel doit être le degré de la gêne pour que l'illicite soit annulée? Est-ce que le fait que le prix soit très élevé, tout en ayant la possibilité de le payer en ayant des difficultés ou en faisant un prêt, implique, que ce sujet illicite à l'origine, devienne licite légalement?

* Chaque cas est différent mais la règle générale est que la gêne annule l'illicite lorsque la difficulté est si grande qu'elle devient insupportable habituellement.

Question 613 : Quel est le poids d'un "pois chiche" d'or en comparaison avec les poids d'or utilisés de nos jours comme le mitqāl et le gramme?

* Le "pois chiche" correspond au vingt- quatrième du mitqāl du marché d'échange et ce dernier vaut 4,64 grammes. Par conséquent, le "pois chiche" d'or équivaut à 0,193 gramme d'or
environ.

Question 614 : Est-il licite d'offrir des chocolats ou ce qui ressemble aux chocolats, contenant certains genres de vins aux non musulmans?

Si le fait de les offrir est illicite, alors, est-ce que le fait de les détruire est considéré comme un gaspillage?

* Les offrir est licite si le vin qui s'y trouve, y était "consommé" [dissous et perdu complètement dans la masse]. Par contre, il n'est pas licite de les offrir s'ils contiennent du
vin qui n'était pas "consommé".

Et le fait de le détruire, dans ce cas, n'est pas considéré comme un gaspillage illicite.