Code de Pratiques Pour les Musulmans en Occident

Définition de certains termes utilisés dans lesfatwas

D'emblée, il convient de définir le sens de quelques termes théologiques utilisés dans les réponses de son Éminence, notre Sayyid (que Dieu le garde).

1- igmalan (en général) : C'est-à-dire sans détermination. Ainsi, si on dit : nous le savons en général, ça veut dire que nous le savons d'une façon indéterminée. Par exemple, lorsque vous savez que
vous devez une certaine somme d'argent à deux personnes sans pouvoir déterminer le montant exact de votre dette envers chacune d'entre elles.

2- al-ihtiyat al-'istihbābī (la précaution conseillée): C'est la précaution que le responsable (la personne légalement assujettie) peut, licitement, ne pas respecter. On utilise parfois l'expression al- 'ahwat al-'awlā (la précaution préférable) pour exprimer la même chose.

3- al-ihtiyat al-wugûbī (la précaution obligatoire): C'est la précaution qui donne au responsable le choix de la respecter ou de se conformer à l'avis du mugtahid (savant interprète) le
plus compétent. Cette précaution obligatoire est parfois désignée par d'autres expression dont: al- 'ahwat luzuman (la précaution indispensable), al- mashhûr (le communément réputé), fihi mushkil (ce qui pose problème), f īhi ta'ammul (ce qui incite à la réflexion) et 'expression qila (on dit que). Toutes ces expressions renvoient à la même signification.

4- al-ihram bi al-nadr (la sacralisation après un vœu) : La sacralisation n'est permise qu'à partir du Miqāt ou d'un lieu parallèle à celui-ci. Mais si le responsable veut entrer en sacralisation avant
d'atteindre le Miqāt, ceci lui permis à condition de faire un acte permis pour magnifier Dieu en disant :
Dieu a envers moi telle ou telle chose pour que je commence al-ihrām à partir de... et cite le nom de l'endroit qui doit être impérativement avant ou à la hauteur du Miqāt.

5- al-'ahwat al-'awlā fia précaution préférable) :
C'est la précaution conseillée déjà vue précédemment.

6-al-'ahwat luzwmanfla. précaution obligatoire) : C'est la précaution obligatoire comme on l'a déjà vu.

7- al-'ihtimar fie port du voile) : C'est le fait de se couvrir la tête par une voile pour une femme.

8- al-'isfihala wa tagyīr al-sifah (la transformation et le changement de l'image générique) : Habituellement, ceci signifie la transformation de la réalité de la chose en une autre
chose, comme se transforme la viande ensevelie en terre.

9- al-'istishāb (la continuité de jugement) : C'est le fait de considérer le jugement ou le titre précédant comme valide même en cas de doute. En guise d'exemple, lorsqu'on sait que Zayd est un homme juste, ses possibles écarts de conduite ne constituent pas une raison suffisante pour remettre en cause son équité et dire qu'il est devenu pervers. Le jugement dont il a fait l'objet reste donc valable.

10- al-istihlak (la désintégration) : C'est le fait qu'une matière se désintègre dans une autre de façon qu'elle n'ait plus d'existence, comme on le dit habituellement.

11- ishkāl (problématique) : c'est-à-dire la précaution à abandonner obligatoirement.

12 - 'atrāf shubhat al-'a'lamiya (les extrêmes du doute à propos du plus savant) : C'est un groupe de savants mugtahdīn (pi. de mugtahid) dont un est plus savant mais ne peut être considéré comme tel hors du groupe.

13 - al-'itmi'nān (la sérénité) : C'est le fait d'avoir la forte présomption que la probabilité contraire est si faible que les gens doués de raison n'en tiennent pas compte dans les affaires de leur vie.

14 - 'alat al-lahw al-muharram (les instruments illicites de divertissement) : Ce sont les produits industriels utilisés uniquement pour un divertissement illicite. C'est le cas des instruments musicaux lorsqu'ils ne sont utilisés que pour la musique illicite.

15 - al-tadlīs (le dol) : C'est le fait d'accréditer à une personne ou à une chose une qualité inexistante dans le but de convaincre l'acheteur ou pour se marier. En guise d'exemples, on peut évoquer le cas de quelqu'un qui, pour se fiancer, prétend qu'il est de telle tribu, qu'il est un sayyid (descendant du Prophète) ou qu'il a un doctorat, ou celui d'une femme qui prétend n'avoir jamais été mariée précédemment ou enfin celui du vendeur qui prétend que son véhicule proposé à la vente n'a pas eu de panne précédemment...

16 - al-tadkiyya (l'abattage rituel) : C'est une méthode codifiée par des conditions légales dont le respect rend licite la consommation de la viande de tout animal mangeable nécessitant l'abattage et permet la purification légale de la viande et de la peau de l'animal qu'on ne peut consommer.
Cette méthode varie en fonction du genre de ranimai. Ainsi, pour l'animal aquatique il doit être sorti vivant de l'eau ou péché vivant, même s'il meurt dans le filet ou dans une bourriche par la suite. C'est le cas des poissons. Une autre méthode consiste à égorger et couper les quatre veines jugulaires comme il est le cas lors de l'abattage d'un mouton, un veau, un poulet ou autres animaux de ce genre.

17 - al-ta'arrub ba'da al-higra (le fait de s'arabiser après émigration) : Certains jurisconsultes affirment que c'est le fait de séjourner dans un pays où la religion diminue. On entend par cela que le responsable change de lieu de résidence en quittant un pays où il peut apprendre les connaissances religieuses et les règles légales qui lui sont nécessaires et où il peut accomplir les obligations de la loi sacrée et où il peut éviter ce qui lui est illicite par cette loi pour s'installer dans un pays où il ne peut pas faire toutes ou une partie de ces choses.

18 - al-taqsīr fi al-salat (le raccourcissement de la prière) : C'est effectuer deux rak'āt pour une prière qui en exige quatre.

19 - al-talddud al-gibillī li al-bashar (la jouissance instinctive chez les humains) : C'est le plaisir naturel dépendant de l'instinct.

20 - al-gahil al-qasir (l'ignorant incapable) : C'est la personne qui est excusée d'être ignorante.
C'est le cas d'une personne qui s'appuie sur une preuve légale pour agir puis découvre son erreur.
C'est comme si un homme pose une question à un savant confiant en son savoir et en sa religion, puis découvre son erreur par la suite ; dans ce cas, il est considéré comme un ignorant de la règle tout en étant excusé de l'être.

21 - al-gahil al-muqassir (l'ignorant négligeant) : C'est celui dont l'ignorance est inexcusable comme celui qui a négligé d'apprendre les règles.

22 - al-gahil bil-hukm wa al-gahil bil-madû' (l'ignorant de la règle et l'ignorant du sujet) : L'ignorant de la règle est celui qui ignore la règle légale générale concernant un sujet.
Quant à l'ignorant du sujet, c'est celui qui ne sait pas que la règle légale s'applique à une question quelconque. On peut en distinguer deux sortes: celui qui ne connaît pas la signification de l'objet et ses variétés. Il s'agit ici d'un doute conceptuel comme dans le cas de celui qui ne sait pas le sens exact du terme chant et de celui qui ignore le critère déterminé superficiellement [par la règle légale] comme celui qui ignore qu'un liquide quelconque est du vin.

23 - al-gism al-hà'il (le corps isolant) : C'est k matière qui empêche l'eau d'atteindre la peau.

24 - al-harag (la gêne) : C'est la pression et la difficulté qu'on ne peut normalement supporter comme dans le cas où le fait de ne pas se raser la barbe, dans une société, impliquerait un rabaissement du croyant et des obstacles pour ses affaires et ses échanges.

25 - haq al-'ihtisas (le droit de dépendance): C'est le droit qu'a une personne sur une chose bien que la loi légale (sharī'a) ne lui permet pas la propriété de cette chose ou la jouissance de sa
valeur financière. C'est le cas du vin, du porc et de l'animal crevé. En dépit de cette interdiction légale, le musulman a droit sur eux s'ils étaient sous sa main.

26 - al-diyya (le prix du sang) : C'est la somme payée par une personne coupable de meurtre pour les héritiers de la victime.

27 - raddu al-madalim (la réparation des préjudices) : C'est le fait qu'une personne donne, aux pauvres, une aumône égale à une créance dont elle est redevable à une autre mais elle ne peut ni la connaître, ni la joindre, ni atteindre ses héritiers.

28 - al-zawāl (le zénith) : C'est un instant après le milieu de la journée.

29 - al-shubha al-mafhumiyya (l'incertitude conceptuelle) : C'est lorsqu'on n'a aucune certitude qu'un concept s'applique au critère extérieur en raison de l'ignorance des limites du concept en
question. C'est comme si nous refusons l'utilisation du concept "chant" à un son particulier à cause de notre ignorance des limites du chant.

30 - al-shubha al-misdā qiyya (l'incertitude relative au critère) : Quand le responsable connaît la signification du chant, par exemple, mais doute qu'un son fasse partie ou non des éléments du
chant. Il s'agit là d'un doute relatif au critère. Dans ce cas, on ne peut pas juger que l'objet (ou l'acte) soit illicite.

31- al-shart al-dimnl wa al-ta'ahhud al- dimnl (la condition implicite et le pacte implicite) : C'est ce que l'échange implique implicitement selon l'usage et selon les gens raisonnables même si cela n'a pas été dit au moment de l'échange. Par exemple, lors d'une vente, il est compris ou entendu qu'il y a une convergence entre le prix à payer et la valeur réelle de la marchandise à
acheter. Aussi si, après la vente, l'un des deux contractants découvre que la marchandise avait une valeur très différente de celle du prix payé, il dénonce la fraude (al-gabn) et annule la transaction
en se basant sur cette condition implicite prise en considération par les gens raisonnables.

32- al-shak (le doute) : C'est le fait d'hésiter à propos d'une question à tel point que deux possibilités de réponse deviennent égales.

33-al-sura al-sina'iyya allafi biha qiwām al- maliyya (l'image de fabrication sur laquelle on
se base pour déterminer la valeur financière):
C'est la forme particulière à chaque objet pour laquelle les gens paient une certaine somme d'argent, comme la forme d'une chaise, d'une porte ou encore d'une bibliothèque. La matière brute, le bois, a sa valeur financière particulière et la forme de fabrication a elle aussi sa propre valeur.

34 - darar mu'tadin bihi (le dommage considérable): II s'agit de tout dommage que les gens raisonnables essaient d'éviter comme la perte d'un membre, la douleur intense ou la destruction d'un bien important ou toute autre chose de ce genre.

35 - al-darra al-rafi'a littaklīf (la nécessité qui annule l'astreinte légale) : Lorsqu'on est victime d'une gêne très forte insupportable habituellement telle une douleur très insupportable ou
une chose de ce genre.

36 -al-'idda (la période de viduité) : C'est la durée pendant laquelle la femme n'a pas le droit de se marier suite à un divorce, un décès, la fin de la durée d'un mariage, une relation sexuelle suspecte
ou autre chose de ce genre.

37 - al-'idda al-rag'iyya (la période de viduité qui permet le retour) : C'est le délai que la femme doit respecter suite à un divorce permettant le raccommodement avec son mari. Il correspond à
trois périodes de pureté succédant aux menstrues si la femme peut encore les avoir, à trois mois si la femme n'a plus de menstrues alors que son âge le lui permet normalement ou à la fin de la période de grossesse si la femme était enceinte.
Toutefois, il n'y a pas de période de viduité à respecter pour la jeune fille, pour la femme ménopausée et pour la femme dont le mariage n'a pas été consommé.

38 - al-fitna al-naw'iyya (la séduction générique) : C'est ce qui entraîne généralement la séduction des gens et qui les fait tomber dans l'illicite comme peuvent le faire les films érotiques,
par exemple.

39 - al-fash (la résiliation) : C'est le fait d'annuler un contrat ou une opération.

40 - fi haddi dātihi (en soi-même) : C'est à dire en faisant abstraction des autres titres qui impliqueraient un jugement différent de celui d'origine. Ainsi, la médisance (al-gība) est en soi-
même illicite mais elle peut être permise si elle amène un intérêt plus important comme conseiller la personne qui demande un conseil.

41 - fihi ishkāl (ce qui pose problème) : اa veut dire que le jugement cité est une précaution obligatoire comme on l'a déjà vu ci-dessus.

42- fihi ta'ammul (ce qui incite à la réflexion) : اa veut dire que le jugement cité est une précaution obligatoire.

43- qasd al-badaliyya (avec l'intention de substitution) : C'est faire une chose avec l'intention de la substituer à une autre bien précise.

44 - al-kafir al-dimml (le mécréant légalement protégé) : C'est le mécréant qui se lie avec un pacte de protection (al-Gimma) avec le responsable des musulmans. Ceci n'a pas d'exemple à notre époque actuelle.

45- al-kafir al-mu'ahid (le mécréant qui a conclu un pacte) : C'est le mécréant qui a conclu avec les musulmans ou avec une partie d'entre eux un pacte de non agression.

46 - al-kafir al-muhtaram (le mécréant respecté) : II s'agit du mécréant légalement protégé et du mécréant qui a conclu un pacte.

47 - al-kabāī'ir (les péchés majeurs) : On dit que ce sont les péchés pour lesquels Dieu a promis un châtiment. On peut en citer : l'associationnisme (al-shirk), la désespérance de l'esprit de Dieu, ne
pas craindre la ruse de Dieu, tuer l'âme respectable, la désobéissance à ses parents, diffamer la femme mariée (muhsana), le faux témoignage, boire du vin, renoncer délibérément à faire la prière ou tout autre
obligation prescrite par Dieu, rompre les liens de parenté, le vol, manger un animal crevé, jouer aux jeux de hasard, corrompre un jugement même en étant dans son droit, la prodigalité, la dissipation, le chant, la fornication, injurier et rabaisser un croyant, le mensonge, etc...

48 - libās al-shuhra (l'habit de célébrité) : C'est le vêtement qui donne à celui qui le porte un aspect laid et hideux lui attirant le rabaissement aux yeux des autres.

49 - al-lahyan (les deux mâchoires) : Ce sont les deux os du visage sur lesquels pousse la barbe.

50 - ma yal īqu bisha'niha bilqiyyās lizawgihā (Ce qui lui convient par rapport à son époux): C'est ce qui lui convient en tant qu'épouse d'un tel. On prend en compte ici la situation sociale de l'époux.

51 - ma' al-gasāla (l'eau de lavage) : C'est l'eau qui sort de la chose souillée lorsqu'on la lave.

52 - al-musta'man (l'assuré) : C'est celui à qui une personne musulmane ou un État musulman accorde la sécurité, comme les mécréants étrangers qui viennent dans les pays musulmans pour faire du
commerce ou du tourisme.

53 - al-mu'na al-sanawiyya al-la'iqa bi al- Isha'n (la charge annuelle qui convient à l'état de la personne) : C'est la somme d'argent dont une personne a besoin pour subvenir à ses dépenses annuelles en fonction de ses besoins et de sa situation sociale.

54 - al-mitqal al—sayrafi (le mitqal d'échange) : C'est le mitqal connu sur le marché et qui est équivalant à 4,64 grammes.

55 - maghul al-malik (ce dont le propriétaire est inconnu) : C'est le bien dont le propriétaire est inconnu mais qui reste le sien. C'est comme si on a une dette envers quelqu'un qu'on ne connaît pas.

56 - muhadat al-Mīqat (le lieu parallèle au Mîqāt) : Supposons deux lignes qui se croisent en formant un angle de 90 degrés, que l'une de ces deux lignes passe par la Mecque, la ville sainte, et que l'autre passe par al-Mīqāt Lorsqu'une personne se met dans le point où ces deux lignes se rencontrent en se retournant vers la Mecque, il est donc debout dans le lieu parallèle au Mīqāt. On prend en considération ici la vérité coutumière et non la précision rationnelle.

57 - al-mashhur kada (le communément réputé est tel) : Ceci implique que le jugement donné est une précaution obligatoire comme on l'a vu précédemment.

57 - al-malak (le pivot) : C'est l'intérêt ou le désintérêt qui sont à la base de la promulgation des règles.

58 - al-mûsīqal-munsiba lillahw wa alla 'ib (la musique convenant aux réunions de divertissement et de jeux) : C'est la musique habituellement jouée aux réunions de divertissement.

59 - al-nushuz (la désobéissance) : C'est le non respect du droit de l'autre. Ce terme est utilisé, souvent, pour parler de la désobéissance entre les époux.

61 - naqs al-dīn (la déperdition de la religion) : Les jurisconsultes (fuqahā') entendent par cette expression commettre des actes illicites tels que le vol, le mensonge, la médisance, boire le vin ... ou ne pas accomplir des obligations adoratives tels que la prière, le jeûne le pèlerinage ou autre.

62 - niyyat al-qurba al-mutlaqa (l'intention absolue de s'approcher de Dieu) : C'est le fait de s'approcher de Dieu par un acte accompli ni pour s'acquitter d'une dette, ni pour une compensation ou tout autre objectif précis.

63 - wat' al-shubha (l'acte sexuel suspect): C'est l'acte sexuel commis par un homme en croyant, involontairement, que la femme est son épouse ou parce qu'il s'est trompé au sujet de la validité d'un acte de mariage. C'est le cas par exemple, d'un homme qui a contracté un acte de mariage avec une femme, commis un acte sexuel avec elle puis découvre que l'acte n'était pas valide.

64 - al-waliy (le tuteur) : C'est la personne désignée pour être responsable des affaires d'un enfant, d'un inapte, de la société musulmane ou de la loi musulmane.

65 - yagibu 'al ^ishkāl (c'est obligatoire mais problématique) : C'est ce que le responsable doit faire, c'est, donc, unsfatwa par obligation. Quant à ce qui est problématique, il n'intéresse que lefaqīh.

66 - yagibu 'ala ta'ammul (c'est obligatoire mais impose réflexion) : C'est ce que le responsable doit faire, c'est, donc, une fatwa par obligation.

67 - yagibu kifāya (c'est obligatoire collectivement) : La question est obligatoire pour tout le monde mais cesse de l'être si une partie l'accomplisse. Mais si personne ne le fait, tout le
monde méritera un châtiment.

68 - yaguzu 'ala ishkāl (c'est permis mais problématique) : C'est ce qui est permis d'être fait mais la précaution conseillée impose de ne pas le faire.

69 - yaguzu 'ala ta'ammul (c'est permis mais impose réflexion) : C'est ce qui est permis d'être fait mais la précaution conseillée impose de ne pas le faire.
L 'exil, l'émigration et l'entrée dans les pays non musulmans