Les Fatwas Simplifiées

La causerie de la prière (al-s.alât) (1)

Mon père m'a dit : Nous voici, donc, arrivés après une série de causeries à la prière (al-s.alât) qui est, selon le hadith du Prophète (pbAsl) : «Le pilier de la religion. Si elle est agréée tout le reste l'est aussi et si elle ne l'est pas, tout le reste ne l'est pas également». Elle est, poursuivit mon père, des rendez-vous et des rencontres prescrites et immuables avec le Créateur et Sa création. Dieu (qu'Il soit exalté) a indiqué pour Ses serviteurs ses temps, ses façons, ses formes et les modalités de son accomplissement. Tu te tiens lors de chaque prière debout entre Ses Mains en s'adressant à Lui avec ton esprit, ton cœur et tes membres. Tu Lui parles doucement et confidentiellement ce qui te procure une merveilleuse sérénité mentale et une transparence spirituelle te permettant de saisir le bonheur de la parole directe. Tout ceci t'offre de la douceur, de la suavité, de la fascination, de la félicité, le plaisir de la rencontre. Il est naturel qu'une crainte très sollicitée s'empare de toi lorsque tu te tiens debout devant Ton Créateur, Le Très Grand, Le Très Miséricordieux, Le Compatissant, L'Audiant et Le Clairvoyant.

La profondeur de la méditation de ton grand-père, le commandeur des croyants (bsl) lorsqu'il priait Son Seigneur et allait vers Lui avec tout son être fut l'occasion pour lui enlever une lance de son corps lors de la bataille de s.affın, tellement qu'il était absorbé par sa rencontre avec Son Seigneur.

Quant à ton Imâm Zayn Al-‘Âbidın (bsl), chaque fois qu'il faisait ses petites ablutions pour la prière, son teint devenait jaune ce qui poussa sa famille à lui dire : Qu'est-ce qu'il t'arrive chaque fois que tu fais les petites ablutions? Il répondit : «Savez-vous entre les mains de qui je me prépare à me tenir debout?». Et lorsqu'il se levait pour la prière, des tremblements s'emparaient de lui et à ceux qui lui demandaient des explications, il répondait : «Je vais me lever pour me tenir debout entre les mains de Mon Seigneur, Lui parler et c'est pour cette raison que je tremble».

Quant à l'Imâm Al-Kâz.im (bsl), lorsqu'il se levait pour faire la prière et s'isoler avec Son Seigneur, ses membres tremblaient et son cœur bâtait très fort par crainte de Dieu (qu’Il soit exalté).

Et lorsqu'Al-Rashıd le jeta dans les bas fonds d'une prison, il s'est consacré à la dévotion et la soumission à Dieu en Le remerciant de lui accorder cette belle et agréable occasion pour qu'il puisse le prier jour et nuit. Il s'adressa à Son Seigneur en disant : «Seigneur! Je T'ai sollicité pour me donner l'occasion de me consacrer à Ton adoration et Tu as exhaussé mon vœu. Louange à Toi Seigneur».

La prière, poursuivit mon père, est la manifestation perceptible et externe d'un besoin interne profondément ancré dans l'âme. C'est l'appartenance à Dieu (qu'Il soit exalté). C'est la dépendance au Créateur, au Prédominant, au Souverain. Lorsque tu dis : Allâhu ’akbar (Dieu est Grand) pour commencer ta prière, toute la matière qui t'entoure avec ses systèmes, ses exemples, ses genres et ses ornements devient insignifiante voire disparait car tu es entre les mains du Créateur de l'univers, Le Prédominant de toute Sa matière qu'Il utilise selon Sa volonté. Il est infiniment plus grand que toute chose et Le Maître de toute chose.

Et lorsque tu dis en récitant le chapitre d'al-hamd (les louanges) : «C'est Toi [Seul] que nous adorons, et c'est Toi [Seul] dont nous implorons secours», tu laves ton âme et ton corps de tout autre appel à l'aide hormis l'appel à Dieu, Le Capable, Le Sage.

C'est dans cette agréable saveur de la crainte que tu vas te baigner cinq fois par jours : le matin, à la mi-journée au milieu de l'après-midi, au coucher du soleil et la nuit. Et si tu le souhaites, tu peux en faire plus.

■ Ça veut dire qu'il y a deux sortes de prières : obligatoires et recommandées (mustahabbât)?`

- Oui, il y en a qui sont obligatoires et d'autres qui sont recommandées.

■ Je connais les prières obligatoires... C'est-à-dire la prière du petit matin (al-s.ubh), celle de la mi-journée (al-zuhr), celle de l’après-midi (al-‘as.r), celle du coucher (al-maghrib) et celle du soir (al-‘ishâ’).

- Ces prières ne constituent pas les seules prières obligatoires. Il y en a d'autres, notamment :

1 - La prière des signes (al-’âyât) «Cf. la deuxième causerie de la prière».

2 - La prière des circumambulations obligatoires lors de la visite pieuse et du pèlerinage «Cf. la causerie du pèlerinage».

3 - La prière funéraire «Cf. la causerie de la mort».

4 - La prière que le père n'a pu accomplir,[car le fils aîné doit les compenser après le décès du père] «Cf. la deuxième causerie de la prière».

5 - La prière qui devient obligatoire suite à un louage (al-’ijâra), à un vœu pieux (al-ndhar), à un serment (al-yamın), etc... Elle varie selon les situations.

Toutefois, les prières quotidiennes ont les cinq préludes indispensables suivants :

a - Le temps de la prière.

b - La qibla ou la direction du Temple Sacré (Al-Ka‘ba).

c - Le lieu de la prière.

d - La tenue vestimentaire du prieur.

e - La purification pour la prière.

Mon père précisa par la suite :

Il ne faut pas que tu te dises que ces préludes ne sont pas indispensables pour les autres prières non quotidiennes, obligatoires ou recommandées. Ils le sont pour toutes les prières à l'exception de la première condition. Nous reviendrons sur cette question avec plus de détails si Dieu le veut.

Je vais te détailler chacun de ces cinq préludes :

■ Tu vas commencer, donc, par le temps de la prière?

- Oui, par le premier :

1 - Chaque prière quotidienne a un temps déterminé qu'on ne peut dépasser. Le temps de la prière du petit matin va de l'aube jusqu'au levé du soleil. Celui des z.uhrayn, ou les prières de la mi-journée et du milieu de l'après-midi, s'étale du zénith jusqu'au coucher du soleil. La première partie de ce temps concerne la prière de la mi-journée et la seconde celle du milieu de l'après-midi en fonction de la manière dont elles ont été accomplies.

■ Comment pourrais-je connaître le zénith?

- C'est l'espace de temps situé entre le levé du soleil et son coucher.

Quant au temps de la prière des ‘ishâ’ayn, ou les prières du coucher et du soir, il va de la fin du coucher du soleil jusqu'au milieu de la nuit. La première partie de ce temps concerne la prière du coucher et la seconde celle du soir en fonction de la manière dont elles ont été accomplies.

[Il est indispensable de ne faire la prière du soir qu'après disparition de la rougeur levantine du ciel (al-humra al-mashriqiyya)].

■ Qu'est-ce que la rougeur levantine?

- C'est une rougeur qui colore le ciel du côté Est dans la partie opposée au coucher du soleil et qui se manifeste quelques minutes après cet événement.

■ Et comment pourrais-je déterminer le milieu de la nuit qui marque la fin du temps de la prière du soir?

- C'est l'espace de temps situé entre le coucher du soleil et l'aube.

■ Que faire si le milieu de la nuit passe et que je n'ai pas effectué les prières du coucher et du soir intentionnellement?

- Tu dois [te dépêcher de les accomplir avec l'intention du rapprochement absolue (de Dieu) et non avec celle de les compenser].

Il faut tenir compte d'une remarque importante à chaque prière quotidienne, à savoir avoir la certitude que le temps de la prière a commencé avant de l'accomplir.

2 - La qibla : tu dois t'orienter vers elle en faisant la prière. Et la qibla - comme tu le sais - indique l'emplacement de La Ka‘ba à La Mecque.

■ Et si je n'arrive pas à déterminer la qibla en dépit de mes efforts et en raison de l'absence des preuves sur lesquelles je peux me baser?

- Prie vers le côté que tu estimes être la qibla.

■ Et si je n'arrive pas à privilégier un côté quelconque?

- Prie vers n'importe quel côté supposé l'être.

■ Que dois-je faire si après avoir prié vers un côté que je croyais être la qibla, j'ai découvert que j'avais tort?

- Si tu as dévié vers la droite ou vers la gauche, ta prière est valide. Par contre si ta déviation était plus importante ou si tu as prié dans le sens opposé à la qibla et que le temps de la prière n'est pas encore terminé, tu dois la refaire. Mais tu n'as pas à la refaire si le temps de la prière est passé.

3 - Quant au lieu de la prière, [tu dois vérifier si la prière y est permise car ta prière n'est pas valide si le lieu est usurpé].

Il est considéré comme usurpé également tout lieu (maison, tapis ou autre) qui n'a pas été soumis au quint (al-khums) alors qu'il doit l'être. Je t'expliquerai les affaire soumises au quint dans la causerie relative à cette question. Toutefois, je te donne d'emblée quelques indications pour éviter la chute dans le ravin de l'insouciance, du laxisme et de l'apathie où de nombreuses personnes sont tombées en refusant la part de Dieu (qu'Il soit exalté) sur leurs biens.

■ Supposons que le sol est non usurpé mais qu'il est couvert d'un tapis usurpé?

- C'est la même chose. [Ta prière n'est pas valide sur ce tapis].

Mon père ajouta :

- Puis, il faut que l'emplacement sur lequel tu te prosternes soit pur et non souillé.

■ Tu veux dire là où je pose mon front?

- Oui. La pureté du lieu de la prosternation est indispensable qu'il s'agisse d'un sol nu ou autre.

■ Et le reste du lieu de la prière tel que la partie où se posent les pieds, en un mot là où se met le reste du corps?

- Sa pureté n'est pas obligatoire. Aussi, si ce lieu est impur sans que son impureté ne puisse se transmettre au corps ou aux vêtements, on peut y faire la prière.

Il y a d'autres points concernant le prieur. Je te les énumère dans les points suivants :

a - On ne peut pas faire la prière ou autre en tournant le dos aux tombes des Imâms infaillibles (bs eux), notamment si ceci exprime un manque de respect.

b - [La prière d'un homme et d'une femme debout côte à côte et sur le même niveau n'est pas permise. Il ne l'est pas également si la femme se tient devant] sauf si une distance d'au moins dix coudées ou un corps isolant comme un mur la séparent de l'homme.

c - La prière dans les mosquées est recommandée. Les mosquées préférées sont celles la mosquée Al-harâm, la mosquée du Prophète (pbAsl), la mosquée d'Al-Küfa et la mosquée Al-’Aqs.â. Elle est, également, recommandée dans les mausolées des Imâms infaillibles (bs eux).

d - Il est préférable pour la femme de choisir, lors de sa prière, l'endroit le plus caché même lorsqu'elle prie chez elle.

4 - La tenue vestimentaire du prieur doit répondre aux conditions suivantes :

a - Elle doit être pure et [non usurpée]. Cependant, la permission de la tenue est conditionnée par la dissimulation des parties intimes dont la définition varie entre l'homme et la femme. Pour l'homme, il lui suffit de se couvrir avec un vêtement d'intérieur tel que un short. Quant à la femme, ce vêtement ne suffit pas puisqu’elle doit couvrir tout son corps, hormis des parties biens définies.

b - Elle ne doit pas être issue d'une bête morte qui était licite avant sa mort. C'est le cas d'un animal non égorgé selon la méthode légale [même si ce vêtement ne suffit pas à lui seul à la couverture des parties intimes].

■ Et qu'en est-il d'une ceinture en cuire prise chez un mécréant ou fabriqué dans un pays non musulman?

- La prière est valide avec [sauf si tu sais qu'elle est fabriquée à partir d'un animal non égorgé selon la loi musulmane].

■ Et si j'ai des doutes sur la nature de la matière d'une ceinture, s'il s'agit d'un cuir naturel ou d'un cuir artificiel?

- La prière avec est toujours permise.

c - La tenue du prieur ne doit pas être fabriquée à partir d’animaux féroces lorsque cette tenue couvre les parties intimes. [La prière n’est pas permise non plus en portant des vêtements provenant d’animaux non licites à la consommation].

d - La tenue vestimentaire ne doit pas être en soie pure pour les hommes. Mais les femmes peuvent faire la prière dans des habits en soie pure.

e - A l'exception du plaqué or, les hommes ne doivent pas faire la prière en portant de l'or pur ou contrefait mais qui reste considéré comme or.

■ Même lorsqu'il s'agit d'une bague ou d'une alliance?

- Même lorsqu'il s'agit d'une bague ou d'une alliance. D'ailleurs, il est illicite pour les hommes de porter de l'or.

■ Même en dehors de la prière?

- Toujours ... et par conséquent même en dehors de la prière.

■ Et les dents et les montres de poche dorées que portent certains?

- Celles-ci sont permises et la prière est valide avec.

■ Que doit faire un homme ignorant que sa bague est en or ou qui le savait mais oublie de l'enlever lors de la prière?

- Sa prière est valide.

■ Et en ce qui concerne les femmes...?

- Il leur est permis de porter l'or et de faire la prière avec.

Il me reste à te dire une remarque importante au sujet de la tenue vestimentaire.

La femme doit couvrir l'intégralité de son corps lors de la prière y compris les cheveux même lorsqu'elle est toute seule, hormis le visage, les mains, les poignets et les pieds.

Tels sont, dit mon père, les préludes indispensables pour la prière. Quant à la prière proprement dite, c'est une action composée de plusieurs parties et obligations, à savoir : l'intention (al-niyya), takbirat al-’ihrâm, la position debout (al-qiyyâm), la récitation (al-qirâ’a), le rappel (al-dhikr), la génuflexion (al-rukü‘), la prosternation (al-sujüd), la profession de foi (al-tashahhud), et les salutations (al-taslım). Il faut impérativement observer la succession et l'ordre comme nous allons le voir.

■ Pourquoi ne commences-tu pas par l'appel (al-’âdhân) et le dernier appel précédent la prière (al-’iqâma)?

- Avant de te répondre, je souhaite attirer ton attention sur le fait que quelques-unes unes de ces parties sont des piliers. Ils concernent : l'intention (al-niyya), takbirat al-’ihrâm, la position debout (al-qiyyâm), la génuflexion (al-rukü‘) et la prosternation (al-sujüd) .

Le non-respect, intentionnelle ou non, d'un de ces piliers invalide la prière. Et c'est pour cette raison qu'on les appelle ainsi.

Je réponds maintenant à ta question :

Al-’âdhân et al-’iqâma, lors des prières quotidiennes obligatoires sont des recommandations confirmées. Mais le prieur peut ne pas les faire.

Mon père continua en me disant :

J'espère que tu ne les abandonneras pas lors des prières quotidiennes obligatoires et perdre, de la sorte, leur récompense.

■ Comment dois-je faire (al-’âdhân) donc?

Tu dis :

+ Allah est grand (Allâhu ’akbar) (4 fois)

+ J'atteste qu'Il n'y point de divinité hormis Allah (Ashhadu anna lâ ilâha illâ allâh) (2 fois)

+ J'atteste que Muhammad est le messager d'Allah (Ashhadu anna Muhammadan rasülu allâh) (2 fois)

+ Venez à la prière (hayya ‘lâ al-s.alât) (2 fois)

+ Venez à la félicité (hayya ‘lâ al-falâh) (2 fois)

+ Venez pour la meilleure action (hayya ‘lâ khayri al-‘amal) (2 fois)

+ Allah est grand (Allâhu ’akbar) (2 fois)

+ Il n'y point de divinité hormis Allah (lâ ilâha illâ allâh) (2 fois).

■ Et pour ce qui est d'al-’iqâma?

- Pour al-’iqâma, tu dois dire :

+ Allah est grand (Allâhu akbar) (2 fois)

+ J'atteste qu'Il n'y point de divinité hormis Allah (Ashhadu anna lâ ilâha illâ allâh) (2 fois)

+ J'atteste que Muhammad est le messager d'Allah (Ashhadu anna Muhammadan rasülu allâh) (2 fois)

+ Venez à la prière (hayya ‘lâ al-s.alât) (2 fois)

+ Venez à la félicité (hayya ‘lâ al-falâh) (2 fois)

+ Venez pour la meilleure action (hayya ‘lâ khayri al-‘amal) (2 fois)

+ La prière va s'accomplir (qad qâmati al-s.alât) (2 fois)

+ Allah est grand (Allâhu ’akbar) (2 fois)

+ Il n'y point de divinité hormis Allah (lâ ilâha illâ allâh) (1 fois).

■ Et l'attestation de la wilâya de l'Imâm ‘Alı b. Abı T.âlib, le commandeur des croyants (bsl)?

Elle complète la profession de foi. Elle est recommandée mais ne fait partie ni d'al-’âdhân ni d'al-’iqâma.

■ Donc, la première partie de la prière est ce que tu as appelé l'intention (al-niyya).

- Oui.

■ Mais c'est quoi al-niyya?

- C'est le fait d'avoir l'intention de faire la prière, c'est-à-dire en l'ajoutant à Dieu (qu'Il soit exalté), un ajout d'humilité.

■ Peux-tu m'expliquer plus clairement l'ajout d'humilité (al- id.âfa al-tadhalluliyya)?

- C'est le travail psychique qui accompagne les actes d'adoration et qui permet à la personne de se sentir serviteur soumis devant Son Maître Majestueux (qu'Il soit exalté et glorifié).

■ L'intention a-t-elle une formule bien précise.

- Pas du tout. C'est un acte du cœur et non une parole et c'est justement la raison qui fait qu'il n'y a pas de formule particulière. Toutefois, si tu ne fais pas l'intention de faire la prière pour te rapprocher et te soumettre à Dieu avec les divers gestes que tu vas accomplir, ta prière n'est pas valide.

La seconde : la takbirat al-’ihrâm.

■ Et qu'est-ce que la takbirat al-’ihrâm?

- Il consiste à ce que tu dises : Allah est grand (Allâhu ’akbar) en te tenant bien debout et stable sur tes pieds et en te dirigeant vers la qibla. Tu dois le dire dans une langue arabe en mettant bien en relief la lettre al-hamza (’) dans le mot «’akbar» de même que les autres lettres. En outre, il est préférable de séparer al-takbirat du chapitre liminaire (al-fâtiha) par un court silence.

■ Tu m'as dit qu’on doit faire la takbirat en étant debout sur les pieds. Mais si je suis malade et que je ne peux me tenir debout même en m'appuyant sur un bâton, un mur ou autre, comment dois-je faire la prière?

- Tu pries en restant assis et en cas d'incapacité, en restant allongé sur le côté droit ou sur le côte gauche tout en gardant ton visage dirigé vers la qibla. [Il faut privilégier le côté droit sur le côté gauche autant que possible].

■ Et si je ne peux pas?

- Prie en restant sur le dos et en dirigeant tes pieds vers la qibla.

■ Et si je ne peux me tenir debout que lors de la takbirat?

- Tu dois faire la takbirat dans la position debout puis continuer ta prière dans la position assise ou allongée comme je te l'ai indiqué.

Troisièmement : la récitation.

Elle s'effectue après la takbirat et elle consiste à ce que tu lises le chapitre (sürat) liminaire (Al-Fâtiha) [puis un autre chapitre entier], une lecture correcte sans erreur. N'oublie pas de prononcer al-basmalah (i.e. Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux) au début de chaque chapitre sauf pour celui d'Al-Tawbah (le repentir), comme il est le cas dans le Coran.

■ Et si je n'ai pas le temps de lire un second chapitre après Al-Fâtiha?

- Tu peux te limiter à Al-Fâtiha uniquement. La même règle s'applique si tu es malade , pressé ou si tu as peur.

■ Comment dois-je lire les deux chapitres?

- [Les hommes doivent les lire à haute voix lors des prières du matin (al-s.ubh), du coucher (al-maghrib) et du soir (al-‘ishâ’) et à voix basse pour celles de la mi-journée (al-zuhr) et de l’après-midi (al-‘as.r)].

■ Quant aux femmes?

- Elles n'ont pas à les lire à voix haute mais la femme [doit les lire à voix basse lors des prières de la mi-journée (al-zuhr) et de l’après-midi (al-‘as.r)].

■ Et Si par ignorance ou par oubli je n'ai pas pris en compte la règle de l'élévation de la voix et son amortissement en inversant la façon de lire les deux chapitres lors d'une prière quelconque?

- Ta prière est valide.

■ Nous avons parlé de ce que je dois lire lors des deux premières génuflexions, mais qu'en est-il pour la troisième et la quatrième?

- Tu as le choix entre la lecture d'Al-Fâtiha seule ou de réciter les louanges (al-tasbıhât), [à voix basse dans les deux cas] sauf al-basmalah que tu peux prononcer à haute voix si tu es un Imâm ou si tu pries tout seul.

■ Que dois-je dire si je choisis les louanges?

- Tu peux te contenter de dire à voix basse : Gloire à Dieu, Louange à Dieu, Il n'y point de divinité hormis Allah et Allah est Grand (subhâna allâhi wa al-hamdu lillâhi wa l■ ilâha ill■ allâhu wa allâhu akbar). Tu peux les dire une fois mais il est préférable de les dire trois fois.

■ Y a-t-il une autre constatation concernant la récitation?

- Oui. En récitant les mots, il est plus juste de prononcer la fin de chaque mot selon la forme syntaxique exacte. Toutefois, il est plus éloquent de prononcer le mot qui marque la fin de chaque phrase avec un sukün, c'est-à-dire sans voyelle.

Tu dois aussi allonger légèrement ou marquer un accent tonique en lisant la lettre alif dans le mot «al-d.âllın» à la fin d'Al-Fâtiha pour prononcer la marque de gémination (al-tashdıd) et le alif d'une façon correcte.

■ Et après tout ça?

- Supprime la hamza (attaque vocalique) de liaison lorsqu'elle est située au milieu de la phrase et insiste sur la hamza de rupture (al-qat.‘), quelle que soit sa place dans la phrase, afin qu'elle soit évidente sur ta langue.

■ Peux-tu me donner un exemple sur la hamza de liaison et la hamza de rupture?

- La hamza dans les mots (Allah, Al-Rahmân, Al-Rahım, ’ihdinâ) est une hamza de liaison qui ne se distingue pas lors de la lecture, au début et au cours du discours. Quant à la hamza dans les mots (’iyyâka, ’an‘amta) par exemple, c'est une hamza de rupture qui doit être bien évidente lors de la parole, puis...

■ Puis quoi?

- Puis si tu souhaites lire le chapitre Le monothéisme (al-tawhıd) après Al-Fâtiha, il serait plus facile pour toi, en lisant le verset «qul huwa allâhu ’ahad» (Dis : Il est Allah, Unique), de marquer une pause après le mot ’ahad en le prononçant sans voyelle finale. Après cette très courte pause, tu continues en lisant le verset qui suit : «allâhu al-s.amad» (Allah, Le Seul à être imploré pour ce que nous désirons).

Mon père m'a expliqué tout cela puis dit :

Pour être certain que ta lecture est correcte, je te conseille d'effectuer ta prière devant quelqu'un qui prie d'une façon juste afin qu'il corrige ta façon de lire et de prier. Si ceci s'avère impossible, tu dois vérifier ta lecture des deux chapitres en écoutant avec attention celle faite par un des lecteurs confirmés et connus par leur rigueur à ce propos. Tu peux, ainsi, découvrir et corriger tes probables erreurs. En agissant de la sorte, tu éviteras le risque de prier pendant des années en lisant incorrectement les deux chapitres.

Quatrièmement : la position debout (al-qiyyâm) : Son sens est clair. Cependant, je tiens à te préciser qu'al-qiyyâm est la seule partie de la prière ayant deux caractéristiques. Il est considéré comme pilier lorsqu'on l'effectue pour faire la prière ou avant la génuflexion. Dans ce cas, il est soumis aux règles relatives aux piliers. Mais, il est considéré une obligation lors de la récitation, des louanges, ou après la génuflexion et, par conséquent, régie par les règles des obligations.

Cinquièmement : La génuflexion (al-rukü‘) :

Après la lecture des deux chapitres, tu dois faire une génuflexion.

■ Comment faire une génuflexion?

- Tu te courbes jusqu'à ce que les bouts de tes doigts atteignent tes genoux. Une fois que tu es bien courbé, tu dis :subhâna rabbı al-‘az.im wa bihamdihi (Gloire et Louange à Mon Seigneur, Le Très Grand) une seule fois ou une des expressions suivantes trois fois : subhâna allâhi (Gloire à Dieu) allâhu akbar (Dieu est Grand) al-hamdu lillâhi (Louange à Dieu). Tu peux, aussi, dire d'autres expressions de ce genre le même nombre de fois.

Après la génuflexion tu te redresses complètement puis tu te prosternes.

Sixièmement : La prosternation (al-sujüd)

A chaque génuflexion, tu dois accomplir deux prosternations.

■ Comment dois-je me prosterner?

- Tu poses ton front, tes mains, tes genoux, et tes gros orteils sur le sol.

L'endroit sur lequel tu te prosternes et tu poses ton front doit être issu de la terre ou de ses plantes non consommables. Tu ne dois pas te prosterner aussi sur ce qui utiliser pour l'habillement.

■ Donne-moi un exemple des choses consommables ou utilisées pour l'habillement et sur lesquelles on ne peut se prosterner?

- Les légumes et les fruits d'une part et le coton et le lin d'une autre.

■ Et sur quoi je peux me prosterner par exemple?

- Tu peux le faire sur la terre, le sable, les cailloux, les pierres, du bois et sur les feuilles non consommables des arbres... Tu peux aussi te prosterner sur une feuille de papier issue du bois, du coton ou du lin. Tu peux encore le faire sur la paille, etc...

Mais ne te prosterne pas sur le blé, l'orge, le coton, la laine, le bitume, le verre, le cristal... La meilleure chose requise pour la prosternation est la terre, et en particulier «la terre h.usaynite de la ville sainte de karballa» (que la bénédiction soit sur celui qui lui donne sa dignité).

■ Que dois-je faire en cas d'impossibilité de trouver une chose sur laquelle la prosternation est valide ou en cas de crainte pour ma personne lors de la circonspection (al-taqiyya)?

- Si tu ne peux trouver une chose requise pour la prosternation, fais-le sur de bitume et si tu en trouves pas, sur tes propres vêtements ou sur ta main. En cas de circonspection, prosterne-toi sur ce que permet la situation.

Mon père m'a expliqué tout cela puis ajoute :

- N'oublie pas que l'endroit de ta prosternation doit être à la même hauteur de celui ou tu poses des genoux et tes gros orteils et en tout cas, il ne faut qu'il ait une différence équivalente à quatre doigts posés l'un à côté de l'autre. [La même remarque est valable pour l'emplacement de ta prosternation et celui où tu tiens debout].

■ Et que dois-je faire une fois que j'ai mis mon front, les paumes de mes mains, mes gros orteils et mes genoux sur le sol?

- Tu dois dire lorsque ta prosternation est bien établie : «subhâna rabbı al-a‘lâ wa bihamdihi» (Gloire et Louange à Mon Seigneur, Le Très Haut) une seule fois ou une des expressions suivantes trois fois : «subhâna allâhi» (Gloire à Dieu) «allâhu akbar» (Dieu est Grand) ou «al-hamdu lillâhi» (Louange à Dieu). Tu peux, aussi, dire d'autres expressions de ce genre le même nombre de fois.

Après quoi tu soulèves ta tête jusqu'à ce que tu sois bien assis puis tu refais une seconde prosternation durant laquelle tu peux lire ce que tu veux de prières relatives à cette situation.

■ Et si je n'arrive pas à me prosterner complètement en raison d'une maladie par exemple?

- Essaie de te prosterner autant que possible et pose l'élément sur lequel tu veux faire ta prosternation en hauteur et prosterne-toi par-dessus tout en respectant les autres règles.

■ Et si je ne peux faire cela non plus?

- Dans ce cas, fait signe de ta tête vers l'emplacement de la prosternation et en cas d'incapacité fais-le par tes yeux en les fermant et en les ouvrant.

Septièmement : la profession de foi (al-tashahhud)

La prononciation de la profession de foi est obligatoire après la seconde prosternation de la seconde génuflexion. Elle l'est également à la dernière génuflexion des prières de la mi-journée (al-zuhr), de l’après-midi (al-‘as.r), du coucher (al-maghrib) et du soir (al-‘ishâ’).

■ Que dois-je dire à ce propos?

Dis : [Ash-hadu anna lâ ilâha Illâ Allâh wahdahu lâ shârıka lah wa ash-hadu anna Muhammadan ‘Abduhu wa rasûluhu. All-âhumma sallı ‘alâ Muhammadin wa ’âli Muhammad] . (J'atteste qu'il n'y a point de divinité hormis Allah et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Seigneur! Prie sur Muhammad et sur la famille de Muhammad)

Tu dois les dire d'une façon correcte en restant assis et calme et en observant la succession de tes actes.

Huitièmement : les salutations (al-taslım) :

Elles sont obligatoires après la dernière génuflexion de chaque prière. Tu dois les dire en restant complètement assis.

■ Que dois-je dire pour ça?

- Tu peux dire : «as-salâmu ‘alaykym» mais il est préférable d'y ajouter «wa rahmatu Allâhi wa barakâtuhu» (Que le salut, la miséricorde et la bénédiction d'Allah soient sur vous). En outre, il encore préférable de dire auparavant : «As-salâmu ‘alayka ayyuhâ al-nabiyyu wa rahmatu Allâhi wa barakâtuhu. As-salâmu ‘alaynâ wa ‘alâ ‘ibâdi Allah as-s.âlihın» (Que le salut, la miséricorde et la bénédiction d'Allah soient sur toi, ô Prophète. Que le salut soit sur nous et sur les serviteurs vertueux d'Allah).

Tels sont les parties de la prière. Tu dois les accomplir d'une façon successive comme je te l'ai énuméré et détaillé. Leur accomplissement doit être enchaîné sans aucune interruption pouvant affecter l'unité globale de la prière.

■ Tu ne m'as pas parlé de la résignation à la volonté de Dieu (al-qunüt) alors que je te vois, lors de tes prières quotidiennes, lever tes mains pour exprimer ton obéissance sans réserve à Allah.

- Al-qunüt est recommandé une seule fois lors des prières quotidiennes et autres [sauf celle d'al-shaf‘ (les deux rak‘ât surérogatoires effectuées après la prière du soir)]. Il consiste à ce que tu lèves tes mains après la lecture des deux chapitres de la deuxième rak‘a et avant la génuflexion pour implorer Dieu d'une façon recommandée.

■ Y a-t-il des formules particulières à respecter?

- Pas du tout. Tu peux lire un verset coranique pour implorer Allah (qu'Il soit exalté) et Lui demander ce que tu veux.

■ Maintenant que tu m'as expliqué comment prier, quoi dire et quoi faire lors de chaque partie de la prière, je souhaite te demander s'il y a des éléments qui invalident la prière et qui, en cas de leur survenance, m'impose de la refaire?

- Oui et je vais te les énumérer :

1 - Lorsque la prière perd une de ses parties, délibérément, qu'il s'agisse de l'intention, la takbırat de sacralisation, la génuflexion, la prosternation ou autres.

2 - Lorsque le prieur rompt ses ablutions en cours de la prière [même s'il le fait par mégarde ou par nécessité après la dernière rak‘a].

3 - Lorsque le prieur détourne complètement son visage ou son corps de la direction de la qibla d'une façon intentionnelle.

■ Et s'il se détourne légèrement de la qibla sans que cela puisse nuire à son orientation vers elle?

- Ceci n'invalide pas la prière mais il est abhorré.

4 - Lorsque le prieur rit aux éclats intentionnellement.

5 - [Lorsque le prieur pleure intentionnellement silencieusement ou non pour une question relevant de la vie d'ici-bas]. Les pleurs ne nuisent pas s'ils concernent l'au-delà.

6 - Lorsque le prieur parle ou prononce une lettre intentionnellement si la lettre prononcée est comprise. C'est le cas s'il dit qi qui est l'impératif du verbe waqâ ou s'il dit b pour répondre à quelqu'un qui l'interroge sur la deuxième lettre de l'alphabet. La réponse aux salutations (al-salâm) ne fait pas partie de ces éléments invalidant la prière car elle est obligatoire.

7 - Lorsque le prieur fait, en priant, un acte de nature à altérer l'image ou la structure de la prière. C'est le cas s'il fait de la couture ou du tissage par exemple.

8 - Lorsque le prieur mange ou boit durant la prière [même si son acte n'altère pas sa structure].

9 - [Lorsque le prieur pose, intentionnellement, une main sur l'autre lorsqu'il est debout pour faire preuve d'humilité et de politesse envers Dieu (qu'Il soit exalté), hormis en situation de circonspection (al-taqiyya)]. C'est ce qu'on appelle al-takfır.

10 - Lorsque la personne qui fait la prière derrière un Imâm dit à la fin de la récitation du chapitre liminaire (al-fatiha) [ou le prieur isolé après la récitation du même chapitre], le mot «âmın», intentionnellement hormis en situation de circonspection.

On parle chez nous aussi d'un autre sujet, celui du «doute» relatif à la prière.

■ Est-ce que le doute au sujet d'une prière peut la rendre invalide?

- Le doute n'invalide pas la prière toujours et dans tous les cas. Il y a des doutes qui l'invalident certes, mais il y a d'autres qu'on peut corriger et des troisièmes qu'il ne faut pas prendre en compte.

Globalement, je peux te rappeler dans des règles générales ces différentes sortes de doute.

La première règle : toute personne qui doute de la validité de sa prière après l'avoir terminé doit considérer sa prière valide.

■ Par exemple?

- Si tu doutes du nombre des rak‘ât accomplies après avoir effectué la prière du matin, tu dois te dire : ma prière est valide.

La deuxième règle : toute personne doutant de la validité d'une partie de la prière après l'avoir fait, doit considérer cette partie comme valide et sa prière aussi.

■ Par exemple?

- Si tu doutes de la validité de ta récitation, de ta génuflexion ou de ta prosternation après avoir fini une de ces trois parties, tu dois te dire ma récitation, ou ma génuflexion ou ma prosternation est valide et que ma prière l'est également.

La troisième règle : toute personne qui doute d'avoir oui ou non accompli une partie de la prière après avoir entrepris la partie suivante, doit considérer que la partie au sujet de laquelle elle a un doute est accomplie et que sa prière est valide.

■ Par exemple?

- Si tu doutes si oui ou non tu as lu le chapitre liminaire alors que tu es déjà en train de lire le second chapitre, tu dois te dire : je l'ai lu et poursuis ta prière. La même règle s'applique si le doute te gagne au sujet de la récitation ou non du second chapitre au moment où tu effectues la génuflexion. Dans ce cas aussi, tu dois continuer ta prière et la considérer comme valide.

La quatrième règle : toute personne souffrant d'un excès de doute dépassant la limite naturelle ne doit pas tenir compte de ces doutes lors de la prière et doit la considérer comme valide.

■ Par exemple?

- Si tu es quelqu'un qui doute beaucoup et que le doute te gagne au sujet du nombre des rak‘ât de la prière du matin que tu es en train d'effectuer, ne tiens pas compte de doute et considère ta prière valide. La même règle s'applique si tu doutes du nombre des prosternations effectuées. Dans tous les cas, celui qui souffre d'un excès de doute ne doit pas tenir compte de cela et doit toujours considérer sa prière valide.

■ Mais comment pourrais-je savoir si je doute beaucoup?

- Celui qui doute beaucoup le sait très bien. Il suffit que son doute dépasse le doute naturel de ses semblables et il suffit qu'il doute une fois toutes les trois prières.

La cinquième règle : toute personne doutant au sujet de nombre des rak‘ât de la prière du matin ou celle du coucher ou au sujet des deux premièresrak‘ât des prières qui en compte quatre, qui n'arrive pas à privilégier une probabilité quelconque et, par conséquent, ne peut savoir combien de rak‘ât il a accompli, doit considérer sa prière invalide.

■ Par exemple?

- Si en effectuant la prière du matin, une personne doute si elle est à la première ou à la seconde rak‘a et n'arrive pas, après une brève réflexion, à une décision ou à une probabilité quelconque, cette personne doit considérer sa prière invalide.

■ Et si elle privilégie une des deux probabilités, comme le fait qu'elle soit en train d'accomplir la première rak‘a?

- Si un nombre quelconque de rak‘ât est pris en considération, elle doit agir selon la probabilité privilégiée. Autrement dit, si cette probabilité indique qu'elle est à la première rak‘a, elle fait une seconde et sa prière est, donc, valide.

La même règle s'applique pour les prières du coucher et lors des deux premières rak‘ât des prières qui en compte quatre.

■ Je sais maintenant la règle du doute qui peut affecter les prières du matin, du coucher ainsi que les deux premières rak‘ât des prières qui en compte quatre. Mais qu'elle est la règle pour ce qui est des deux autres rak‘ât de ces dernières?

- Si le prieur privilégie dans sa tête un nombre quelconque de rak‘ât, il doit en tenir compte et agir en fonction.

■ Et s'il persiste dans le doute et l'hésitation?

- Dans ce cas, la question mérite plus de détails car de nombreuses règles s'imposent en fonction des situations. Je vais en énumérer, succinctement, quelques-unes unes :

1 - Celui qui doute de quelle manière qu'elle soit entre la troisième et la quatrième rak‘a, doit se dire qu'il est en train d'accomplir la quatrième rak‘a puis termine sa prière. Il doit, en outre, effectuer deux rak‘ât en position assis ou debout. Celles-ci s'appelle la prière de précaution.

2 - Celui qui doute entre la quatrième et la cinquième rak‘a alors qu'il est en train d'effectuer la seconde prosternation (même en posant le front sur le lieu de prosternation sans même commencer les invocations), doit considérer qu'il s'agit de la quatrième rak‘a. Il doit finir sa prière puis se prosterner deux fois. C'est ce qu'on appelle les deux prosternations d'inattention (al-sahw).

3 - Celui qui doute entre la seconde et la troisième rak‘a alors qu'il est en train d'effectuer la deuxième prosternation, doit se dire qu'il s'agit de la troisième rak‘a. Il doit, donc, accomplir une quatrième. En plus, à la fin de sa prière, il doit accomplir la prière de précaution [qui implique ici une rak‘a avec une position debout].

■ Comment accomplir la prière de précaution?

- Après la fin de la prière, il doit la faire directement, sans se retourner ni à droite ni à gauche et sans faire aucun geste qui peut invalider la prière. Il prononce la takbira (prononcer la formule allâhu akbar), récite [à voix basse] le chapitre liminaire car un second chapitre n'est pas obligatoire puis effectue la génuflexion, la prosternation, la profession de foi et les salutations. Si la prière de précaution exige deux rak‘ât, il doit faire une autre rak‘a à la manière de la première.

■ Et en ce qui concerne la prosternation d'inattention que tu as évoquée?

- Après avoir pris l'intention (al-niyya) de la faire, tu te prosternes directement après la prière. Il est préférable de prononcer la takbira. Tu dois dire lors de la prosternation : bismi allâhi wa billâhi al-salâmu ‘alayka ayyuhâ al-nabiyyu wa rahmatu allâhi wa barakâtuhu (Au nom d'Allah et par Allah. Que le salut, la miséricorde et la bénédiction soient sur toi ô Prophète) puis tu lèves ta tête, tu t'assoies puis tu refais une seconde prosternation à la manière de la première avant de t'asseoir à nouveau, de réciter la profession de foi et de conclure par les salutations. Ainsi se termine la prosternation d'inattention.

Mon père ajouta par la suite :

Il faut que tu saches que la prosternation d'inattention doit être accomplie non seulement si le doute intervient entre la quatrième et la cinquième rak‘a après les deux premières prosternations, mais aussi dans d'autres occasions, dont :

a - [Si tu parles durant ta prière par inattention ou inadvertance].

b - [Si avant de finir ta prière tu prononces les salutations en disant al-salâmu ‘alaykum (que les salutations soient sur vous) ou al-salâmu ‘alaynâ wa ‘alâ ‘îbâdi allâhi al-s.âlihın (que les salutations soient sur nous et sur les serviteurs vertueux de Dieu)].

c - Si tu oublies la profession de foi (al-tashahhud). Dans ce cas, outre les deux prosternations d'inattention, il est préférable de prononcer la profession de foi.

d - [Si par forte probabilité tu découvres que tu as écourté ou allongé la prière que tu viens d'accomplir, tu dois, même si ta prière est considérée comme valide, faire deux prosternations d'inattention]. Il est même préférable de faire ces deux prosternations si tu oublies une prosternation obligatoire que tu devrais compenser auparavant ou si tu te redresses avant de la faire. En tout cas, il est préférable d'accomplir deux prosternations d'inattention en cas de manque ou de surplus pouvant affecter une prière.

e - Il faut accomplir le nombre indispensable de prosternations d'inattention en fonction des situations.

En arrivant à la fin de cette causerie sur la prière, j'ai failli demander à mon père de me donner une leçon pratique pour une prière de quatre rak‘ât, la plus longue de la journée afin que j'observe, exactement, comment je dois prier. Mais je me suis rappelé que mon père effectue chaque jour la prière du soir, une des prières comptant quatre rak‘ât et qui, de surcroît, est faite à voix haute. Aussi, j'ai décidé de l'observer et de vous décrire sa façon de prier.

Lorsqu’il s'est levé pour effectuer la prière, j'étais très tendu. Je ne l'ai pas quitté des yeux dans l'espoir de ne perdre aucun de ses gestes.

Il a commencé par accomplir les petites ablutions selon toutes les règles.

Ensuite, il s'est mis debout en s'orientant vers la qibla avec humilité. Il prononça l'appel à la prière (al-adhân) puis le dernier appel précédant la prière (al-’iqâma).

Il commença sa prière en disant Allâhu ’akbar (Allah est grand), lit al-fâtiha (chapitre liminaire) puis le chapitre Al-Qadar (La Destinée).

Après la lecture de ce dernier chapitre en étant toujours debout, il effectua une génuflexion. Une fois qu'il est complètement dans cette position, il dit : subhâna rabbıya al-‘az.im wa bihamdihi (Gloire et Louange à Mon seigneur, Le Très Grand).

Après la récitation de cette louange, il se redressa avant de se baisser pour se prosterner. Et lorsqu'il était bien établi dans sa position de prosternation, il dit subhâna rabbıya al-’a‘lâ wa bihamdihi (Gloire et Louange à Mon Seigneur, Le Très Haut). Une fois qu'il a prononcé la dernière lettre de cette louange, il s'est redressé pour s'asseoir complètement avant de se prosterner une seconde fois en y récitant la louange précédente.

Il leva sa tête pour s'asseoir puis se lever pour effectuer la deuxième rak‘a. Il y lit Al-Fâtiha (chapitre liminaire) puis le chapitre d' Al-Ikhlâs. (le monothéisme pur). A la fin de ce chapitre, il leva ses mains en vue d'al-qunüt (la résignation à la volonté de Dieu) durant lequel il récita le verset coranique suivant : «Seigneur! Pardonne-moi, et à mes père et mère et à celui qui entre dans ma demeure croyant, ainsi qu'aux croyants et croyantes ; et ne fais croître les injustes qu'en perdition» (Nüh (Noé), verset 28)

Il baissa ses mains après al-qunüt puis effectua une génuflexion durant laquelle il lit subhâna rabbıya al-‘az.im wa bihamdihi (Gloire et Louange à Mon seigneur, Le Très Grand).

Puis, se baissa pour se prosterner et dit durant sa prosternation : subhâna rabbı al-a‘lâ wa bihamdihi (Gloire et Louange à Mon seigneur, Le Très Haut). Une fois qu'il a prononcé la dernière lettre de cette louange, il s'est redressé pour s'asseoir complètement avant de se prosterner une seconde fois en y récitant la louange précédente.

Il s'est assis ensuite puis a récité la profession de foi : [Ash-hadu anna lâ ilâha Illâ Allâh wahdahu lâ shârıka lah wa ash-hadu anna Muhammadan ‘Abduhu wa rasûluhu. All-âhumma sallı ‘alâ Muhammadins wa ’âli Muhammad] . (J'atteste qu'il n'y a point de divinité hormis Allah et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Seigneur! Prie sur Muhammad et sur la famille de Muhammad).

Après la récitation de la profession de foi, mon père se leva pour accomplir la troisième rak‘a qu'il commença une fois bien redressé en disant trois fois et à voix basse : subhâna allâhi wa al-hamdu lillâhi wa lâ ilâha illâ allâhu wa allâhu akbar.(Gloire à Dieu, Louange à Dieu, Il n'y point de divinité hormis Allah et Allah est Grand).

Après quoi, il fit une génuflexion durant laquelle il récita les louanges rappelées antérieurement à savoir : subhâna rabbıya al-‘az.im wa bihamdihi (Gloire et Louange à Mon seigneur, Le Très Grand). Il se redressa par la suite puis se baissa pour faire deux prosternations successives de la même façon indiquée auparavant.

Et c'est de cette manière qu'il effectua une quatrième et dernière rak‘a qu'il conclut par la profession de foi puis par les salutations durant lesquelles il a dit : «As-salâmu ‘alayka ayyuhâ al-nabiyyu wa rahmatu Allâhi wa barakâtuhu. As-salâmu ‘alaynâ wa ‘alâ ‘ibâdi Allah as-s.âlihın» (Que le salut, la miséricorde et la bénédiction d'Allah soient sur toi, ô Prophète. Que le salut soit sur nous et sur les serviteurs vertueux d'Allah). «as-salâmu ‘alaykym wa rahmatu Allâhi wa barakâtuhu (Que le salut, la miséricorde et la bénédiction d'Allah soient sur vous)

C'est ainsi que mon père effectua la prière du soir. Et c'est de cette manière qu'il avait auparavant effectué les prières de la mi-journée (al-zuhr), celle de l’après-midi (al-‘as.r) - qui comptent également quatre rak‘ât chacune - sauf que durant celles-ci, il récita les deux chapitres de la première et la seconde rak‘a à voix basse.

Je l'ai, également, observé lorsqu'il a accompli la prière du coucher (al-maghrib) et j'ai constaté qu'il a fait exactement comme celle du soir(al-‘ishâ’) sauf qu'après la troisième rak‘a, il prononça la profession de foi puis les salutations car, «la prière du coucher compte trois rak‘ât».

Et c'est aussi de cette façon qu'il effectua la prière du matin (al-s.ubh) qui, contrairement à la prière du soir, ne compte que deux rak‘ât et conclut par la profession de foi puis les salutations.

C'est ainsi que mon père a effectué ses prières quotidiennes. Mais comme je suis quelqu'un qui accorde beaucoup d'importance à l'exactitude et à la prévision, je tiens à vous énumérer quelques caractéristiques de la prière de mon père dans les points suivants :

1 - Mon père tenait beaucoup à accomplir la prière au début de son temps. Aussi, il effectuait, par exemple, la prière de la mi-journée (al-zuhr) dès l'arrivée du zénith (al-zawâl). Et lorsque je lui ai posé la question concernant son attachement à cette règle, il me cita, en guise de réponse les paroles suivantes de l'Imâm Al-s.adiq (bsl) : «Le mérite du début du temps [de la prière] sur sa fin est comme le mérite de la vie de l'au-delà sur la vie d'ici-bas».

2 – Mon père ressentait un fort sentiment d'humilité et de soumission chaque fois qu’il se tenait debout devant Son Seigneur pour accomplir la prière. Il n'arrêtait pas de répéter à voix audible en s'orientant vers le lieu de la prière la parole divine suivante : «Bienheureux sont certes les croyants qui sont humbles dans leur prière» (Al-Mu’minün (les croyants), versets 1 et 2). En réalité, il préparait son âme à la prière avant de la commencer en rappelant à son cœur l'importance de l'humilité à Dieu durant cet acte d'adoration.

3 - Mon père accomplissait deux rak‘ât avant la prière du matin, huit (deux par deux) avant celles de la mi-journée et de l’après-midi, quatre (deux par deux) après celle du coucher et, enfin, deux après celle du soir.

Je l'ai interrogé une fois au sujet de ces prières et il m'a répondu :

- Ce sont des prières surérogatoires. L'Imâm Al-‘Askarı (bsl) les considérait comme un des signes du croyant.

4 - La hamza (’) dans le mot ’kbar de l'expression «allâhu ’kbar» est une hamza de rupture. Elle doit, donc, être bien prononcée et évidente sur ta langue lors de sa prononciation. C'est ce que m'a recommandé mon père.

Je lui ai dit que quelques personnes prononcent cette hamza presque comme un wa (w) ce qui transforme l'expression citée en «allâhu wa kbar».

Il m'a répondu :

Prends garde de la prononcer comme eux. Ils ont torts. Et il ajouta :

La même remarque peut s'appliquer à la hamza du mot «’an‘mta» dans le verset coranique suivant : «s.irât.a al-ladhına ’an‘amta ‘alayhim». Cette hamza est aussi une hamza de rupture qui doit être évidente sur ta langue lors de la prononciation. C'est le même cas pour la hamza du mot «’al-’a‘lâ» de l'expression «subhâna rabbı al-’a‘lâ wa bihamdihi» (Gloire et Louange à Mon Seigneur, Le Très Haut).

5 - Mon père a dit : essaye de marquer une pause sur la lettre d du mot «ahad» en lisant le verset coranique du chapitre d'Al-’khilâs. (le monothéisme pur) : «qul huwa allâhu ahad».

Mon père est resté en silence quelques secondes puis dit : il est plus simple pour toi de la faire suivre par le verset qui vient après : «allâhu al-s.amad».

6 - Mon père respectait bien la vocalisation grammaticale des mots lorsqu'il récitait des versets coraniques durant sa prière hormis pour le dernier mot de chaque phrase qu'il prononçait sans voyelle (avec un sukün).

7 - J'ai dit un jour à mon père : je t'ai entendu, en récitant Al-Fâtiha (chapitre liminaire), lire la parole de Dieu (qu'Il soit exalté) «bismi allâhi al-rahmâni al-rahımi» en mettant une kasra (i) à la fin des mots «al-rahmâni» et «al-rahımi» . D'ailleurs, tu prononces ces deux mots de la même façon dans les versets suivants : «al-rahmâni al-rahımi mâliki yawmi al-dıni».

Je t'ai, également, entendu lire le verset coranique «iyyâka na‘budu» en mettant une d.amma (u) à la fin du mot «na‘budu», alors que j'ai entendu un certain nombre de personnes mettre une kasra (i) à la fin de ce mot lors de leurs prières.

Il répliqua : N'as-tu pas étudié la grammaire et ses règles?

J'ai répondu : oui mais pas d'une façon exhaustive.

Il poursuivit : alors que disent les grammairiens au sujet des voyelles des mots «al-rahmâni al-rahımi»?

J'ai répondu : une kasra (i) comme tu le lies toi.

Il poursuivit : donne-moi un exemplaire du Saint Coran.

J'ai pris un exemplaire et il m'a dit : mets-toi à la page du chapitre Al-Fâtiha (chapitre liminaire) et lis-le avec minutie.

Après la lecture de ce chapitre, j'ai constaté que les mots «al-rahmâni al-rahımi» se terminent avec une kasra (i) et la lettre b dans le verset «iyyâka na‘budu» porte bien une d.amma (u).

Je lui ai dit :

Ces mots se terminent, effectivement, par les voyelles que tu dis.

Il répondit : Lis et récite le Coran, donc, comme il est écrit dans le Livre de Dieu et fait attention aux fautes communes afin de ne pas les commettre.

8 - Mon père ne lisait les louanges lors des génuflexions et des prosternations que lorsqu'il était bien établi dans la position adéquate. Et il ne levait sa tête qu'après avoir terminé, entièrement, la récitation de ces louanges.

9 - En se redressant après la première prosternation, il attendait un très bref instant jusqu'à ce qu'il soit bien assis avant d'accomplir la prosternation suivante. Il faisait la même chose durant toute sa prière.

10 - Je lui ai dit : je t'ai entendu invoquer le Seigneur pour toi, pour tes parents, pour tes frères croyants directement après la prière.

Il répondit : C'est exact. Abü Al-hasan (bsl) a dit : «celui qui fait une invocation pour ses frères et sœurs parmi les croyants et les croyantes, les musulmans et les musulmanes, Dieu chargea pour chacun d'entre eux un ange pour lui faire des invocations».

11 - Je lui ai dit aussi : je t'ai vu faire des louanges après chaque prière obligatoire.

Il répondit : il s'agit des louanges (tasbıh) d'Al-Zahrâ’(bs elle) que le Messager de Dieu (pbAsl) lui a appris. Il consiste à dire allâhu akbar (Dieu est grand) trente quatre fois, alhamdu lillâh (louange à Dieu) trente trois fois et enfin subhâna allâh (gloire à Dieu) trente trois fois ce qui fait un total de cent louanges.

■ Les louanges (tasbıh) d'Al-Zahrâ’ (bs elle) ont-elles un mérite?

- Oui, on rapporte que l'Imâm Al-s.âdiq (bsl) a dit à Abı Hârün Al-Makfüf : «Ô Abı Hârün! Nous ordonnons à nos enfants de faire les louanges d'Al-Zahrâ’ (bs elle) de la même façon que nous leur ordonnons de faire la prière. Ne les oublie pas car celui qui les observe ne peut s'égarer» .

Le même Imâm (bsl) a dit : « les louanges d'd'Al-Zahrâ’ (bs elle) chaque jour à la fin de chaque prière est préférable pour moi que l'accomplissement de mille rak‘at par jour» .

En outre, comme l'indiquent les Imâms (bs eux), le Messager de Dieu (pbAsl) ne les aurait pas appris à Fât.ima, qui était chère à son cœur, s'il y avait une pratique plus méritoire.

12 - Mon père accomplissait quelques fois la prière de la mi-journée puis, juste après, celle de l'après-midi. Il faisait la même chose pour les prières du coucher et du soir. Mais dans d'autres fois, il n'effectuait qu'une prière, celle de la mi-journéee par exemple, puis vaquait à son travail avant d'effectuer celle de l'après-midi une fois son temps est arrivé.

Intrigué, je lui ai demandé de m'éclairer à ce propos et il m'a répondu :

Tu as le choix de les faire deux par deux ou de les séparer.

13 - J'ai dit à mon père : je t'ai entendu, lorsque tu lis le chapitre Al-Qadr (la destinée), insisté sur le l dans le verset coranique : «innâ anzalnâhu fı laylati al-qadr», alors que certains prononcent le même verset, quasiment, sans le l dans «innâ anzalnâhu». Je t'ai entendu lire, aussi, subhâna rabbıya al-‘az.im wa bihamdihi (Gloire et Louange à Mon seigneur, Le Très Grand) en mettant une d.amma (u) sur le s de subhâna et une fatha (a) sur rabbıya au moment où d'autres ne font rien de cela.

- Ne t'ai-je pas dit de faire attention à ta lecture.

«La deuxième causerie de la prière»(2)

Avant notre rendez-vous pour la seconde causerie de la prière, j'ai essayé de repasser en revue les éléments développés dans la causerie précédente pour tester mes capacités à mémoriser et dresser la liste des questions non soulevées jusqu'à présent afin de les poser durant la causerie à venir.

Et dès l'arrivée de mon père, j'ai pris l'initiative de l'interpeller en lui posant la question suivante :

Pourrais-je accomplir la prière du soir en ne faisant que deux rak‘ât?

- Non. Ne t'ai-je pas dit que cette prière compte quatre rak‘ât?

■ Mais je t'ai vu une fois la faire en deux seulement.

- Étions-nous en voyage?

■ Oui.

- Dans ce cas, tu as raison car les prières de la mi-journée, de l'après-midi et du soir qui comptent quatre rak‘ât doivent être écourtées en deux en cas de voyage et si des conditions précises sont réunies :

1 - Que le voyageur ait l'intention de parcourir une distance de plus de 44 km environ à partir de son lieu de résidence. Cette distance peut concerner l'allée mais l'allée et le retour ensemble.

■ Peux-tu être plus clair?

- Si un voyageur part vers une ville quelconque distante de son lieu de résidence de 44 km, il doit écourter sa prière, c'est-à-dire accomplir deux rak‘ât pour une prière qui en compte quatre.

La même règle s'applique s'il voyage vers une ville distante de 22 km et qu'il avait l'intention de revenir chez lui le même jour.

■ Et à partir de quel endroit la distance doit être prise en compte?

- La mesure de la distance commence à l'endroit à partir duquel la personne est considérée, communément, en voyage. Cet endroit correspond, souvent, à la dernière maison de la ville du départ.

2 - Que le voyageur reste sur son intention initiale. S'il change d'avis, il ne peut écourter sa prière sauf s'il avait l'intention de revenir chez lui dès le départ et que la distance parcourue, entre temps, correspond à 44 km au moins. Dans ce dernier cas, le raccourcissement devient obligatoire.

3 - Que le voyage doit être licite et non illicite comme dans le cas d'une épouse qui voyage sans l'autorisation de son époux ou d'un voyage effectué pour commettre un vol. Dans ce genre de situation, la prière doit être accomplie normalement. La même règle s'applique si le voyage est effectué pour une partie de chasse de plaisir.

4 - Le voyageur ne doit pas traverser ou marquer un arrêt dans son pays ou dans son lieu de résidence durant le voyage. En outre, il faut qu'il ait l'intention de ne pas dépasser dix jours là où il souhaite se rendre et qu'il ne soit pas, pendant trente jours, hésitant dans son lieu de destination au sujet de la date de son retour. Dans ce cas, il doit écourter sa prière depuis le premier jour de son départ.

■ Et s'il traverse ou marque un arrêt dans son pays ou dans son lieu de résidence, ou s'il avait l'intention de demeurer plus de dix jours là où il veut se rendre ou enfin s'il reste hésitant au sujet de sa date de retour pendant trente jours?

- Dans ce cas, il doit accomplir sa prière normalement y compris les jours au-delà des trente jours d'hésitation tant qu'il continue à demeurer dans son lieu de voyage.

5 - Il ne faut pas que le voyage fasse partie de son travail comme il est le cas pour le chauffeur, le marin ou le berger ou que son voyage soit répétitif en raison de son travail.

■ Autrement dit, le chauffeur doit prier normalement durant son voyage?

- Oui. Celui dont la profession est la conduite et qui est amené à aller au-delà de la distance précisée doit accomplir, normalement, sa prière durant l'exercice de son métier.

■ Et en ce qui concerne le commerçant, l'étudiant ou le fonctionnaire qui doit se rendre, chaque jour ou chaque deux jours, dans une autre ville distante de 22 km de son lieu de résidence pour rejoindre son université, son bureau ou son commerce?

- Il doit accomplir normalement sa prière sans la raccourcir.

6 - Il ne faut que ce voyageur soit parmi ceux qui n'ont pas de résidence principale tel que le touriste qui n'a pas de pays et qui voyage continuellement d'un lieu à un autre.

■ Et quand le voyageur doit-il commencer le raccourcissement des prières?

- Il doit le faire dès qu'il disparaît du champ de vision des habitants de sa ville. Ceci se distingue, généralement, lorsque le voyageur ne croise plus les habitants en question.

■ Tu m'as dit lorsque le voyageur traverse son pays ou y fait une escale, il doit faire sa prière normalement. Mais que veux-tu dire par son pays?

- Le mot pays implique ici :

a - Le lieu de résidence où, généralement, la personne est née et où habitent ses parents.

b - Le lieu choisi par le voyageur pour en faire son lieu d'attache et de résidence de façon à ce qu'il puisse y demeurer toute sa vie.

c - Le lieu choisi pour une période tellement longue qu'on ne peut parler de la personne comme voyageur.

Autrement dit :

1 - Si le voyageur passe par son pays ou y fait une escale,

2 - s'il a l'intention de séjourner dix jours de suite ou plus dans un lieu vers lequel il va faire son voyage,

3 - et s'il voyage dans un pays quelconque et y séjourne pour plus de trente jours durant lesquels il a douté de la date de son retour, le voyageur doit accomplir normalement sa prière sans raccourcissement.

- Oui.

■ Et si le voyageur n'a été confronté à aucune de ces trois situations citées auparavant?

Doit-il écourter sa prière puisque tout voyageur parcourant une distance de 44 km et plus à partir de sa ville de résidence doit normalement écouter sa prière? Doit-il le faire sauf dans les cas où il traverse ou fait une escale dans son lieu de résidence ou s'il a l'intention de rester dix jours successifs dans sa destination?... ou..

- Oui, oui.

■ Et si le temps de la prière survient alors que le voyageur n'a pas atteint sa destination et décide même de rebrousser chemin vers sa ville de départ?

- Il doit accomplir normalement sa prière puisqu'il l'a fait dans son pays.

■ Et si le temps de la prière survient alors qu'il était encore dans son pays mais part en voyage pour une destination loin de 44 km ou plus sans faire la prière?

- Il doit raccourcir la prière car lorsqu'il avait fait, il était en voyage.

■ J'ai remarqué que des gens font parfois les prières obligatoires ensemble. Ils font les génuflexions et les prosternations et se tiennent debout ensemble.

- Ils font leurs prières quotidiennes obligatoires collectivement et non individuellement.

■ Et comment prier collectivement?

- Si deux personnes et plus se retrouvent ensemble et que l'un d'eux réunit les conditions indispensables pour diriger le groupe, ils peuvent le désigner pour diriger la prière collective. En le faisant, ils obtiennent une rétribution (ajr) supplémentaire.

■ La prière collective est, donc, recommandée?

- Oui et elle amène une grande récompense, notamment lorsqu'elle est accomplie derrière un homme savant. Cette récompense augmente au fur et à mesure que le nombre des participants se multiplie.

■ Quelles sont les conditions que doit réunir l'Imâm ou le guide que tu as évoqué?

- L'Imâm pouvant diriger la prière collective doit être majeur, doté de raison, croyant, juste, n'enfreignant pas les injonctions de Dieu, maîtrisant une lecture correcte, né légalement et de sexe mâle si le fidèle qui prit derrière lui l'est aussi.

■ Mais comment peut-on savoir qu'un croyant est juste pour que nous puissions faire la prière derrière lui?

- Il suffit qu'il manifeste un bon comportement.

■ L'Imâmat (la charge de l'Imâm) exige-t-elle d'autres conditions?

- Oui, [l'Imâm ne doit pas avoir été sujet d'une peine légale (al-had)]. Il doit, en outre, accomplir la prière en position debout si le fidèle qui prie derrière lui la fait en cette position et de s'orienter vers la qibla vers laquelle s'oriente le fidèle. En effet, ce dernier ne peut faire la prière derrière un Imâm s'il croit que la qibla est dans une autre direction. En sus, la prière de l'Imâm doit être valide. Si le fidèle sait que l'Imâm a fait, à son insu, ses petites ablutions avec une eau souillée, le fidèle ne peut faire la prière derrière lui.

■ Et comment faire ma prière collectivement?

- Tu choisis une personne quelconque réunissant les conditions requises évoquées ci-dessous. Tu dois te tenir à sa droite légèrement en retrait si tu étais seul ou derrière lui si vous êtes deux personnes ou plus sans qu'un corps isolant, tel un mur, fasse écran entre toi et lui et qu'il n'y ait pas de différence de hauteur évidente entre toi et lui. Il est, également, indispensable que la distance qui te sépare de l'Imâm et des fidèles qui sont à tes côtés en face de toi ne soit pas excessive.

■ Disons, qu'il ne faut pas une distance de plus d'un mètre entre les fidèles.

- [Oui environ] et il suffit que le prieur soit très proche d'un autre du moins d'un côté. Il suffit que le prieur soit proche d'un autre prieur en face de lui, à sa droite ou à sa gauche.

■ Et après tout cela?

- Si l'Imâm prononce la takbira (allâhu ’akbar) pour commencer la prière, les fidèles derrière lui doivent faire de même. Et lorsqu'il récite Al-Fâtiha (chapitre liminaire) et le second chapitre, ils doivent rester silencieux car sa récitation suffit. Ils doivent accomplir une génuflexion après la sienne, une prosternation après la sienne puis s'asseoir après lui aussi. En un mot, ils doivent suivre ses mouvements. Il est préférable également de prononcer la profession de foi après lui de même que les salutations.

■ Devrais-je réciter les invocations lors de ma génuflexion, ma prosternation et ma profession de foi? Devrais-je lire les louanges dans les troisième et quatrième rak‘ât ou devrais-je rester silencieux?

- Au contraire, tu dois agir comme tu le fais en priant individuellement. Tu lis les invocations lors de la génuflexion, la prosternation et la profession de foi ainsi que les louanges dans les troisième et quatrième rak‘ât. Seule la lecture des deux chapitres est assumée par l'Imâm . Puis, tu dois suivre ces gestes.

■ Que veux-tu dire?

- Tu dois suivre l'Imâm du groupe à chaque étape de la prière, lors de la génuflexion, de la prosternation ainsi que lorsqu'il lève sa tête. Autrement dit, tu ne dois pas le précéder.

■ Quand pourrais-je me joindre à l'Imâm qui dirige la prière en groupe?

- Tu peux te joindre à lui dès qu'il prononce la takbira ou lors de sa génuflexion.

■ Si je me joins à lui alors qu'il est en train de réciter les deux chapitres, je ne dois pas les réciter car il l'assume à ma place. Mais, que faire si je me joins à lui alors qu'il est en train d'effectuer la prosternation?

- Tu prononces la takbira puis tu te prosternes de suite et lorsque l'Imâm termine sa prosternation et se redresse tu fais la même chose.

■ Et la lecture des deux chapitres?

- Tu en es exempté si tu te joints à l'Imâm alors qu'il était en train de se prosterner.

■ Et si je me joins à lui alors qu'il est debout en train de réciter les louanges de la troisième ou de la quatrième rak‘â?

- Tu prononces la takbira puis tu récites à voix basse les deux chapitres.

■ Et si je n'ai pas le temps de les réciter complètement?

- Dans ce cas, récite le chapitre d'Al-Fâtiha seulement.

■ Pourrais-je me joindre à un Imâm qui est en train de diriger la prière de l'après-midi alors que je veux accomplir celle de la mi-journée?

- Oui. Tu as le droit de te joindre à un groupe qui prie collectivement derrière un Imâm même si ta prière diffère en ce qui concerne le ton nécessaire de la voix (basse ou haute), le raccourcissement ou non, la compensation ou l'accomplissement.

■ Les femmes peuvent-elles prier collectivement comme les hommes?

- Oui. La femme peut accomplir sa prière collectivement derrière un homme réunissant les conditions citées au auparavant. Elle peut aussi faire la prière derrière une femme. Toutefois et contrairement à ce qui est le cas pour un homme, si l'Imâm est une femme, celle-ci doit [se tenir sur la même lignes que les autres femmes et ne pas passer devant elles].

Et lorsque les femmes prient avec des hommes, elles doivent se mettre en retrait en formant leur propre rangée et derrière un corps isolant qui peut être un mur.

■ Telle est la prière collective. Mais j'ai entendu parler d'une prière dite de vendredi. S'agit-il d'une prière particulière?

- Oui. Il s'agit d'une prière qui compte deux génuflexions comme celle du matin mais se distingue par le fait qu'elle est précédée de deux prêches. L' Imâm y évoque des sujets qui satisfont Dieu et rendent service aux gens.

Le minimum obligatoire à observer par l'Imâm dans le premier prêche consiste à louer Dieu [en Arabe], à recommander aux gens de craindre le Seigneur et à réciter un court chapitre du Coran. Après quoi, il doit s'asseoir un bref instant avant de se remettre debout pour le second prêche. Au cours de celle-ci, il doit louer Dieu, le glorifier, et implorer Sa bénédiction pour le prophète Muhammad, sa famille et les Imâms des musulmans. Il est préférable qu'il demande à Dieu de pardonner aux croyantes et aux croyants.

■ Y a-t-il des conditions obligatoires pour cette prière?

- Oui. Elle devient obligatoire dès l'entrée du temps de la prière de la mi-journée et dès que cinq personnes y compris l'Imâm sont réunies. Évidemment, l'Imâm en question doit réunir les conditions citées pour diriger la prière collective.

Et lorsque la prière du vendredi est dirigée, dans un pays quelconque qui réunit les conditions requises, par l'Imâm al-ma‘s.üm (infaillible) ou par son représentant, tous les hommes vivants dans ce pays dans un rayon de 11 km environ, qui ne sont pas gênés par des intempéries (fortes pluies, froid atroce) ou autre empêchement de ce genre et qui ne souffrent pas de problème de santé (maladie, cécité) et à l'exception des vieux et des voyageurs, doivent se rendre en ce lieu pour prier derrière cet Imâm.

Et si cette prière est dirigée par une personne autre que l'Imâm al-ma‘s.üm ou son représentant, il n'est pas obligatoire de se déplacer et il est permis de se contenter de la prière de la mi-journée uniquement.

En outre, lorsqu'un fidèle accomplit la prière du vendredi selon les conditions nécessaires, celle-ci tient lieu de la prière de la mi-journée.

Il me reste à évoquer deux choses :

La première : la prière du vendredi est obligatoire d'une façon optionnelle. Le responsable a le choix de n'accomplir que cette prière si les conditions sont réunies ou de l'accomplir en lui ajoutant celle de la mi-journée ce qui est préférable.

La deuxième : il ne faut pas que la distance séparant deux lieux ou se tiennent la prière du vendredi soit inférieure à 5 km environ.

■ Je souhaite te poser une autre question mais j'ai honte.

- Demande-moi ce que tu veux. Il n'y point de honte en religion.

■ Que faire si je n'accomplis pas quelques prières obligatoires à cause du sommeil, d'une insouciance d'une part ou par laxisme et ignorance d'autre part? Que faire aussi si j'effectue une prière invalide hors de son temps?

- Tu dois la compenser en la faisant à voix haute s'il s'agit de la prière du matin, du coucher ou du soir ou à voix basse dans le cas d'une prière de la mi-journée ou de l'après-midi. Tu dois aussi respecter le cas échéant la règle du raccourcissement.

■ Devrais-je compenser la prière de la mi-journée lorsque son temps survient et celle du soir en son temps aussi?

- Pas du tout. Tu as le droit de compenser n'importe quelle prière à n'importe quel moment de la journée ou de la nuit.

■ Et si je n'arrive pas à savoir combien de prières j'ai manquées?

- Dans ce cas, tu dois compenser celles dont tu es certain et non celles qui font l'objet d'un doute.

■ Donne-moi un exemple.

- Si tu es certain que tu n'as pas accompli la prière du matin pendant un mois, tu dois compenser le nombre de prières équivalentes. Mais, si tu doutes de cette question, la compensation n'est pas obligatoire.

Un autre exemple : si tu sais que tu n'as pas accompli la prière du matin pendant un certain de temps mais tu ne sais pas si ce temps correspond à un mois ou à un mois et dix jours. Tu peux, dans ce cas, compenser les prières couvrant un mois seulement.

■ Est-il obligatoire de compenser les prières non accomplies sans tarder?

- Pas du tout. Le retardement est possible sans négligence ni laxisme. Je te recommande de compenser tes prières le jour même où tu les as manquées. Ainsi, si tu ne te lèves pas pour la prière du matin, tu dois la compenser le même jour avant ou après celle de la mi-journée afin que la compensation ne devienne pas difficile. Que Dieu te protège de la négligence et du laxisme concernant la compensation et qu'Il t'aide à accomplir tes prières en leurs temps prescrits.

■ Laisse-nous revenir quelques minutes en arrière. Lors de la première causerie de la prière tu m'as énuméré les prières obligatoires et tu m'as dit que le fils aîné doit compenser les prières manquées, pour une raison quelconque, par son père jusqu'à sa mort.

- Oui. [Le fils aîné doit compenser la prière obligatoire] manquée par le père pour une raison quelconque si celui-ci n'a pu la compenser jusqu'à sa mort en dépit de sa capacité de le faire et si le fils n'était pas mineur avant son décès ou interdit d'héritage. Il peut aussi payer une tierce personne pour effectuer cette compensation à sa place.

■ Tu m'as parlé aussi de la prière des ‘âyât (signes).

- Cette prière est obligatoire pour toute personne responsable hormis la femme en état de menstrues ou qui vient d'accoucher. Elle concerne l'éclipse solaire ou lunaire même partielle et [lors des séismes]. Il est souhaitable de l'effectuer en cas de survenance d'un élément effrayant pour les gens sur terre ou dans le ciel.

Cette prière s'effectue individuellement et collectivement lors de l'éclipse.

■ Quand doit-on faire la prière des signes?

- Lors de l'éclipse solaire ou lunaire, la prière se déroule depuis son début jusqu'à sa fin.

■ Et en cas de séisme, de foudre ou élément effrayant céleste ou terrestre.

- La prière relative à ce genre d'événements n'a pas de temps particulier. Toutefois, il faut l'accomplir dès sa survenance sauf si l'événement concerné dure longtemps, dans ce cas, il faut l'accomplir durant cet espace temps.

■ Comment pourrais-je accomplir la prière des signes?

- Il s'agit d'une prière de deux unités de génuflexions comptant chacune cinq rak‘at.

■ Et comment?

- Tu prononces la takbira puis tu récites Al-Fâtiha (le chapitre liminaire) puis un autre chapitre entier. Tu fais par la suite une génuflexion puis tu te redresses pour lire Al-Fâtiha et un chapitre entier une fois avant de procéder à une génuflexion. Tu fais le même rituel à cinq reprises après quoi tu dois accomplir deux prosternations successives comme pour les autres prières. Ensuite, tu fais une autre rak‘a de la même façon que la première.

A la fin, tu récites la profession de foi puis les salutations. Ainsi, tu constates que cette prière compte dix rak‘at regroupées en deux "grandes" rak‘at.

Il existe une autre façon d'accomplir cette prière qu'on ne va pas relater ici pour être concis.

■ Et si une éclipse solaire ou lunaire survient sans que je le sache?

- Tu dois la compenser si l'éclipse est totale mais tu en es exempté si elle est partielle.

■ En ce qui concerne le séisme et la foudre?

- Si le temps qui leur succède directement passe sans que tu fasses ta prière, celle-ci n'est plus obligatoire.

■ Devrais-je accomplir la prière des signes si une éclipse solaire ou lunaire survient dans n'importe quelle région du monde?

- Non. Tu ne dois l'accomplir que si cet événement eut lieu dans ton pays ou dans un pays voisin avec lequel tu partages le déroulement de cet événement. Quand l'éclipse se déroule dans une région lointaine, tu n'as pas à accomplir la prière en question.

■ Tu m'as dit que les prières sont obligatoires ou recommandées. Mais tu ne m'as pas parlé des dernières.

- Les prières recommandées sont très nombreuses. Je ne peux pas les citer toutes ici. Aussi, je vais en évoquer quelques-unes seulement.

1 - La prière de la nuit : Il est conseillé de l'accomplir durant le dernier tiers de la nuit, à un moment aussi proche que possible de l'aube. Elle concerne huit génuflexions conclues chaque deux rak‘ât par des salutations comme pour la prière du matin. Après cette prière, il faut faire celle d' al-shaf‘ (le pair) qui compte deux génuflexions et celle d'al-watr (l'impair) qui en compte une. Ce qui fait un total de onze rak‘a.

■ Apprends-moi comment faire al-watr qui ne compte, donc, qu'une génuflexion.

- Tu prononces la takbira puis tu récites le chapitre d'Al-Fâtiha (chapitre liminaire). Il est recommandé de lire ensuite le chapitre d' Al-Ikhlâs. (le monothéisme pur) trois fois et les chapitres d'Al-Falaq (l'aube naissante) et Al-Nâs (les hommes) une fois. Après quoi, tu lèves tes mains pour faire les invocations que tu veux.

Il est recommandé de pleurer par crainte de Dieu, de demander l'expiation des péchés de quarante croyants que tu cites avec leurs noms, de dire soixante dix fois «astaghfiru allâha rabbi wa ’atübu ilayh» (je sollicite le pardon de Dieu et je reviens à Lui), sept fois l'expression «hâdhâ maqâmul al-‘âidhi bika mina al-nâr» (ceci est le lieu de celui qui cherche auprès de Toi une protection contre le feu (de l'enfer) et trois cent fois le mot «al-‘afw» (le pardon). Après avoir fini cette invocation, tu accomplis la génuflexion et le reste comme une prière normale.

Tu peux, toutefois, te limiter à al-shaf‘ et al-watr, voire à al-watr seulement, en cas de manque de temps.

■ Quel est le mérite de la prière de la nuit?

- Cette prière à un grand mérite. On rapporte que l’Imâm Al-s.âdiq (bsl) a dit : «Le Prophète (pbAsl) a dit dans son testament à ‘Alı (bsl) : Je te recommande la prière de la nuit! Je te recommande la prière de la nuit! Je te recommande la prière de la nuit!» . Dans le même sens, le Prophète (pbAsl) a dit :«L'accomplissement de deux génuflexions au milieu de la nuit m'est plus chère que la vie d'ici-bas et ce qu'elle contient». Quant à l' Imâm Abı ‘Abd Allâh (bsl), il affirme qu'un homme est venu le voir pour lui faire part, avec excès, de sa pauvreté à tel point qu'il a failli souffrir de faim. L'Imâm lui demanda alors : «Ô tel! est-ce que tu pries la nuit?» L'homme répondit : «oui» ce qui poussa Abı ‘Abd Allâh (bsl) à se retourner vers un compagnon et lui dit : «Menteur celui qui prétend prier la nuit et souffrir de faim le jour. Dieu (qu'Il soit exalté) garantie les subsistances du jour par les prières de la nuit» .

2 - La prière de la solitude (al-wahsha) ou la prière de la nuit de l'enterrement : Son temps d'accomplissement est toute la nuit succédant à l'enterrement et à n'importe quelle heure. Elle compte deux rak‘ât. Dans la première, tu dois réciter, après Al-fâtiha, le verset d'Al-Kursiy (le Trône) jusqu'à «où ils demeurent éternellement». Et dans la seconde Al-fâtiha et le chapitre Al-Qadr (la destinée) dix fois. Après profession de foi et les salutations finales, tu dois dire «allâhumma s.allı ‘alâ Muhammadin wa ’âli Muhammad (Seigneur, accorde Ta bénédiction à Muhammad et à la famille de Muhammad) et offre la récompense de cette invocation à la personne enterrée en citant son nom.

Il existe une autre façon pour faire cette prière, tu peux consulter les livres de jurisprudence à cet effet si tu le souhaites.

3 - La prière d'al-ghufayla (la petite dissipation) : Elle consiste à accomplir deux rak‘at entre la prière du coucher et celle du soir. Dans la première tu dois lire Al-fâtiha puis les versets suivants : «Et dhü’n-Nün (Jonas) quand il partit, irrité. Il pensa que Nous N'allions pas l'éprouver. Puis, il fit, dans les ténèbres, l'appel que voici : «Pas de divinité à part Toi! Pureté à Toi! J'ai été vraiment du nombre des injustes. Nous l'exauçâmes de son angoisse. Et c'est ainsi que Nous sauvons les croyants» (Al-’Anbiyyâ’ (les prophètes), verset 87).

Dans la seconde génuflexion, tu dois lire Al-fâtiha puis le verset suivant : «C'est lui qui détient les clefs de l'Inconnaissable. Nul autre que Lui ne les connaît. Et Il connaît ce qui est dans la terre ferme, comme dans la mer. Et pas une feuille ne tombe qu'Il ne le sache. Et pas une graine dans les ténèbres de la terre, rien de frais ou de sec, qui ne soit consigné dans un livre explicite» . (Al-’An‘âm (les bestiaux), verset 59).

Puis, tu lèves tes mains pour l'invocation suivante : «allâhumma innı as’aluka bimafâtihi al-ghaybi allatı lâ ya‘lamuhâ illâ anta an tus.allı ‘al â Muhammadin wa ’âli Muhammad» (Seigneur! Je T'implore par les clefs de l'Inconnaissable, que nul autre connaît à part Toi, d'accorder Ta bénédiction à Muhammad et à la famille de Muhammad et de me faire telle et telle chose). Tu dois dire encore : «allâhumma anta waliyyu ni‘matı wal-qâdiru ‘al â t.alabâtı ta‘lamu hâjatı fa’as’aluka bihaqqi Muhammadin wa ’âli Muhammad ‘alayhi wa ‘alyhim al-salâmu lamâ qad.aytahâlı» (Seigneur! C'est Toi qui me procure mes moyens de subsistances qui peut exaucer mes demandes, Tu connais mon besoin pressant. Je t'implore par la faveur de Muhammad et sa famille (pbAsl) de l'exaucer). Après, tu demandes ce que tu veux, il se réalisera par la volonté de Dieu.

4 - La prière du premier jour de chaque mois : Elle compte deux rak‘at. Dans la première, tu lis Al-Fâtiha le chapitre d'Al-Ikhlâs. (le monothéisme pur) trente fois, et dans la seconde Al-Fâtiha et le chapitre Al-Qadr (la destinée) trente fois également. Après la prière, tu dois faire don de ce que tu peux. En agissant ainsi, tu obtiens le salut pendant tout le mois. Il est, aussi, recommandé de lire quelques versets coraniques relatifs à cette occasion.

5 - La prière de l'Imâm ‘Alı (bsl) : Elle concerne quatre rak‘ât que tu dois accomplir deux par deux comme pour la prière du matin. Dans chaque génuflexion, tu récite Al-Fâtiha et le chapitre d'Al-Ikhlâs. cinquante fois. L'Imâm ‘Alı (bsl) affirme à ce sujet : «celui qui accomplit quatre rak‘ât en récitant dans chacune d'elles cinquante fois le chapitre «Dis : «Il est Allah, Unique...», n'aura plus de péché entre lui et Dieu» .

6 - Une prière pour rendre facile une affaire complexe : Elle compte deux génuflexions. L'Imâm Abı ‘Abd Allâh (bsl) a dit à ce propos : «Si tu te retrouves devant une affaire complexe, accomplie au zénith deux génuflexions. Dans la première, tu lisAl-Fâtiha, le chapitre «Dis : «Il est Allah, Unique...», (Al-Ikhlâs. (le monothéisme pur)) et le chapitre «En vérité Nous t'avons accordé une victoire éclatante» jusqu'à «et qu'Allah te donne un puissant secours» (Al-Fath (la victoire éclatante)) et dans la seconde Al-Fâtiha, le chapitre «Dis : «Il est Allah, Unique...» et le chapitre «N'avions-nous pas ouvert pour toi ta poitrine...» (Al-Sharh (l'ouverture)).