Les Fatwas Simplifiées

La première causerie générale

Dès le départ de mon père de la salle de notre entrevue, j'ai rangé les papiers que j'avais utilisés lors de «la causerie du commandement du convenable et l'interdiction du blâmable» qui constitue à elle seule un thème indépendant de jurisprudence. Une fois cette tâche terminée, j'ai esquissé la préparation du dossier de la prochaine causerie en réfléchissant aux questions et aux interrogations que je devrai soulever.

Au bout d'une heure, j'ai pu dresser la liste de quelques questions que j'ai utilisée comme point de départ pour des heures de préparation et de travail.

Le jour de notre rendez-vous, mon père entra dans la salle, prononça les salutations, rendit grâce à Dieu annonçant ainsi le début de notre causerie du jour. Et aussi, mes questions s'enchaînèrent et après elles ses réponses.

Ma première interrogation concerna les peaux naturelles manufacturées ou importées des pays non musulmans tels les pays d'Europe.

■ J'ai dit à mon père : Un homme porte une montre dont le bracelet est en cuir naturel importé d'un pays non musulman. Celui qui la porte ignore si le cuir en question est issu d'un animal égorgé selon la loi musulmane ou non. Il peut s'agir aussi de la ceinture de son pantalon. Dans ce cas, doit-il l'enlever et s'en débarrasser avant de faire la prière?

- Il répondit : La prière est valide tant qu'il a une probabilité communément admise que ce bracelet ou cette ceinture sont issus d'un animal dont la consommation de la viande est licite et égorgé selon le rituel légal.

■ Et pour ce qui est du portefeuille ou porte-monnaie en cuir qu'on met dans la poche lors de la prière s'ils sont issus du même cuir?

- Il est permis de faire la prière avec.

■ Supposons que la personne a eu la certitude que le bracelet ou la ceinture sont fabriqués à partir de la peau d'un animal non égorgé selon le rituel musulman, mais il a fait, par oubli, la prière en les portant et se rend compte de son erreur en l'effectuant puis se dépêche d'ôter son bracelet ou sa ceinture immédiatement?

- Sa prière est valide sauf si son oubli est dû à son manque d'attention et d'intérêt à la question. [Dans ce cas, il doit la refaire].

■ Une machine à laver qui, après interruption de l'eau, assèche le linge grâce à une forte rotation et non à l'essorage. Ceci suffit-il pour que les vêtements soient considérés purs?

- Oui, cette action suffit pour les purifier.

■ Je salue quelques fois des gens avec la main mouillée et j'ignore si la personne que j'ai saluée est un musulman ou un mécréant impur. Dois-je lui poser la question pour me rassurer?

- Tu ne dois absolument pas lui poser la question. Tu peux te dire que la main avec laquelle tu l’as touché est pure.

■ Un étudiant, un commerçant, un touriste ou autre voyagent vers un pays non musulman, en Europe par exemple, où la vie quotidienne impose un contact direct avec les chrétiens et les juifs en présence d'une humidité conductrice. C'est le cas chez le coiffeur, le médecin, le teneur d'un pressing et beaucoup d'autres. Qu'est-ce que la personne doit faire dans ce cas?

- Elle doit supposer la pureté de leurs corps tant qu'une impureté externe et visible n'est pas vérifiée.

■ Si je rentre dans une maison en tant que locataire à la place d'autres personnes considérées impures, ai-je le droit de supposer la pureté de tout l'équipement de la maison?

- Oui, tu dois considérer que tout l'équipement est pur si tu ignores ou tu n’as pas la certitude qu'il est impur.

■ Permets-moi de revenir sur la prière et te poser la question suivante : Une personne faisant la prière et le jeûne mais qui se trompait souvent durant les grandes ablutions. Quelques temps après, elle apprend avec certitude que quelques-unes unes des grandes ablutions précédentes n'étaient pas justes mais ignore leur nombre et par conséquent ignore combien de prières et de jeûne non valides elle a effectué. Quelle est son jugement?

- Son jeûne est valide même si ses grandes ablutions ne le sont pas. Mais elle doit compenser toutes les prières non valides à cause des grandes ablutions mal accomplies. Et si elle hésite entre deux chiffres, elle doit prendre en compte le plus petit.

■ Il m'arrive de vouloir faire la prière avec dans les poches des feuilles blanches. Pourrais-je me prosterner sur elles?

- Oui, tu peux le faire si ces feuilles sont pures et fabriquées à partir du bois ou une matière similaire sur laquelle on peut se prosterner ou à partir du coton ou du lin.

■ Et la prosternation sur le ciment?

- Il est permis de se prosterner dessus.

■ J'entends quelques fois à la radio ou à la télévision un lecteur du Coran réciter le verset imposant la prosternation, dois-je la faire?

- Non, tu ne dois le faire que lorsque tu l'entends directement du lecteur et non d'un enregistrement.

■ Une femme faisant la prière ne se rend pas compte que des mèches de ses cheveux ne sont pas couvertes. Est-ce que je dois lui signaler ça lors ou après la prière?

- Non, tu n'es pas obligé de le lui signaler. Sa prière est valide même si elle l'accomplit totalement sans s'en rendre compte. Elle l'est aussi si elle prend l'initiative de ranger ses mèches en effectuant la prière.

■ Une personne se réveille quelques minutes avant la prière de l'aube. Est-ce qu'elle a le droit de se rendormir en sachant ou en ayant une forte probabilité qu'elle ne se réveillera pas avant le lever du soleil?

- Ceci n'est pas permis si son geste relève d'une négligence ou d'un mépris de la prière.

■ Un étudiant, un ouvrier ou un fonctionnaire étudie ou travaille dans une région loin de son lieu de résidence de plus de 44 km. Cette personne se rend chaque jour dans cette région pour revenir le jour même chez lui. Cette situation peut durer une année ou plus. Quel est le jugement de sa prière et de son jeûne?

- Elle doit les accomplir sans les écourter.

■ Et si elle voyage trois ou quatre fois par semaine durant toute l'année non parce que son métier l'exige mais pour d'autres raisons tels que les ballades, le tourisme, les soins médicaux ou la visite des tombeaux des Imâms (bs eux). Quel est le jugement de sa prière dans ce cas?

- Elle doit prier et jeûner normalement car cette personne est considérée, communément, comme une personne voyageant beaucoup. Par contre, si elle voyage uniquement deux jours par semaines et passe les cinq autres jours de la semaine dans son pays, [elle doit combiner entre écourter et accomplir normalement la prière et entre le jeûne durant le mois du ramadan et la compensation ultérieure].

■ Puisque nous parlons du voyage, permets-moi de te demander le jugement d'une personne qui part en voyage après le zénith lors du mois du ramadan en étant en état de jeûne.

- [Elle doit continuer son jeûne] et n'a pas de compensation à faire.

■ Et si elle voyage avant le zénith tout en ayant, depuis la nuit, l'intention de voyager?

- [Il n'a pas à jeûner ce jour] et doit rompre le jeûne dès l'arrivée à la limite indispensable. Elle doit compenser le jour non jeûné par la suite.

■ Et si elle voyage avant le zénith sans avoir l'intention préalable de voyager ni décider à le faire depuis la nuit?

- Son jugement est le même que celui de l'hypothèse précédente.

■ Un voyageur durant le mois du ramadan revient dans son pays ou son lieu de résidence après le zénith. Doit-il poursuivre son jeûne pour le reste de la journée?

- Il n'est pas obligé de le faire même s'il est convenable de poursuivre son jeûne pour le reste de la journée.

■ Et s'il revient avant le zénith tout en ayant déjà rompu le jeûne?

- Son jugement est le même que dans le cas précédent.

■ Et s'il revient dans son pays ou son lieu de résidence avant le zénith et sans qu'il ait rompu le jeûne?

- Il doit faire l'intention de jeûner et éviter tout ce qui rompt le jeûne pour le reste de la journée. Il n'a pas de compensation à faire en agissant ainsi.

■ Quel est le jugement d'une personne ayant effectué le jeûne du mois de ramadan pendant des années en ignorant l'obligation de faire les grandes ablutions de l'impureté majeure?

- Son jeûne est valide et il n'a pas d'expiation à payer.

■ Quelques malades souffrant d'asthme utilisent des vaporisateurs pour faciliter la respiration. Cet appareil renvoie une sorte de gaz sous pression dans la bouche. Peut-on l'utiliser lors du jeûne?

- Oui, l'utilisateur de ce type d'appareil doit continuer à le faire et son jeûne est valide.

■ Est-il permis de servir des repas à des gens qui ne font pas le ramadan dans les restaurants ou dans les maisons, pour les personnes ayant une excuse valable et pour les autres, sans que cette présentation implique une violation du caractère sacré de ce mois béni?

- Il est permis de le faire envers les personnes ayant une excuse valable [et non aux autres].

■ Pourrais-je si j'ai la certitude que les calculs astronomiques des spécialistes sont justes concernant l'apparition de la nouvelle lune, prendre cette certitude en compte pour déterminer le début du mois du ramadan ou le jour de la fête de la rupture du jeûne?

- Ni la certitude concernant la nouvelle lune ni la certitude relative à ce que cette nouvelle lune est susceptible d'être vue ne sont à prendre en compte. Il est impératif de confirmer l'apparition de la nouvelle lune par la visualisation effective de ta part ou de la part d'une autre personne. Oui, il suffit que la visualisation effective soit vérifiée dans un pays limitrophe au tient pour que cette visualisation le devienne aussi dans ton propre pays même si des nuages, la poussière, ou une montagne ne le permettent pas.

■ On utilise un sérum nourricier contenant un mélange de sucre, d'eau et d'autres médicaments pour nourrir un patient par voie sanguine. Une personne effectuant le jeûne doit-elle l'éviter?

- Il ne lui est pas obligatoire même s'il faut qu'il le fasse.

■ Je passe au pèlerinage pour te faire part du cas d'un homme ayant une année quelconque la capacité matérielle lui permettant d'effectuer le pèlerinage. Mais, il eut un empêchement, telle que la non-obtention du visa, et se retrouve, par la suite, contraint de dépenser l'argent prévu à cet effet et ne parvint pas à le réunir à nouveau.

- S'il parvint à réunir l'argent nécessaire les années suivantes, il doit effectuer le pèlerinage. Sinon, il n'est pas obligé de le faire.

■ Tu m'as dit dans la causerie du pèlerinage que tu as jeté «le caillou (al-jamrâ) d'Al-‘Aqaba», mais tu ne m'as pas précisé de quel côté tu l'as fait?

- Je l'ai jeté du côté devant [car il n'est pas permis de la jeter de son côté arrière].

■ Tu m'as dit aussi que tu es entré en état de sacralisation (al-ihrâm) depuis le mıqât dit (Al-jahfa) après ton arrivée en avion à Jeddah. Et qu'en est-il si une personne entre en état de sacralisation à partir de Jeddah et non d'Al-jahfa?

- Sa sacralisation est valide si elle a fait une promesse pieuse (al-nadhr) pour la faire depuis cette ville.

■ Tu as dit : qu'après les circumambulations rituelles (al-t.awâf) et le va-et-vient (al-sa'y) tu as écourté tes cheveux. Est-il possible de faire ceci pour un autre pèlerin avant de le faire pour soi?

- Non, je n'ai pas le droit d'écourter les cheveux d'une autre personne avant de le faire pour moi d'abord.

■ Supposons qu'étant étudiant, j'ai la capacité de faire le pèlerinage cette année mais la date de mon examen de fin d'année coïncide avec celle du pèlerinage. Par conséquent, l'accomplissement de ce devoir implique l'échec à l'examen en question et la perte d'une année universitaire avec tout ce que ça engendre comme gêne matérielle et morale.

- Puisque ton voyage pour le pèlerinage risque de te provoquer une gêne considérable comme tu l'as indiqué, il t'est permis de renoncer au pèlerinage cette année.

■ Permets-moi d'évoquer un autre thème pour te poser des questions relatives au commerce dont la première concerne les relations avec les banques privées où des personnes déposent leur argent à titre d'épargne.

- Mon père me dit : laisse-moi te poser d'abord les questions suivantes : ces banques sont-elles financées par les gouvernements dans des pays musulmans ou dans des pays qui ne le sont pas? Est-ce que le dépôt de l'argent dans ces banques est conditionné ou non par la réalisation d'intérêts?

■ Mais c'est quoi la différence?

- Le dépôt dans les banques des pays non musulmans est permis dans tous les cas même s'il est conditionné par l'obtention d'intérêts. Quant aux dépôt dans les pays musulmans, s'il est conditionné par l'encaissement d'intérêt, ceci devint une usure illicite. Mais le dépôt y est permis sans cette condition préalable. L'utilisation des éventuels intérêts ne peut se faire qu'après consultation du gouverneur légal ou son représentant.

■ Y a-t-il une différence entre l'argent d'origine et le bénéfice accordé par la banque à l'épargnant?

- Non, il n'y a pas de différence entre les deux et il n'est pas permis d'utiliser l'argent pris auprès d'une banque gouvernementale dans un pays musulman qu'après consultation du gouverneur légal ou son représentant.

- Tu m'as dit qu'il n'est pas permis de déposer l'argent dans les banques musulmanes sous condition de toucher des intérêts. Que veux-tu dire par cette condition? Est-ce le fait que l'épargnant ait l'intention de ne pas demander à la banque des intérêts si celle-ci ne les lui propose pas?

- Non. Ce n'est pas ça le sens de la condition. Elle implique que l'épargnant n'engage pas la banque à lui verser des intérêts. Quant à la supposition relative à la demande des intérêts, elle rejoint l'absence de cette condition de la même façon que se rejoint la non-revendication des intérêts avec la condition préalable. Chacune est différente de l'autre.

■ Et si je savais que la banque verse des intérêts sans que j'émette cette condition, est-il permis d'y faire des dépôts dans le cadre d'un compte bloqué sur un livret d'épargne?

- Oui, il t'est permis de le faire tant que tu n'imposes pas cette condition relative aux intérêts.

- Des personnes contractent des prêts auprès de banques contre des intérêts bien définis et, quelques fois, avec un gage?

- Il n'est pas permis de contracter un prêt auprès d'une banque en s'engageant à payer des intérêts car ceci est de l'usure que le prêt soit avec ou sans gage. Mais, il est permis de prendre l'argent de ces banques sans avoir l'intention qu'il s'agit d'un prêt, de l'utiliser après consultation du gouverneur légal ou son représentant. Et dans ce cas, il n'est pas préjudiciable que la personne sache que la banque va la contraindre à payer des intérêts. En effet, si la banque demande des intérêts, la personne peut les payer car de toute façon, elle ne peut se soustraire à cette demande.

■ Une personne ne possédant pas de maison où habiter, doit-elle demander un prêt à une banque gouvernementale contre paiement d'intérêt dans l'objectif de construire une maison?

- Le prêt contre des intérêts n'est pas permis quel que soit l'objectif. Mais, il est permis de prendre l'argent auprès de cette banque sans avoir l'intention qu'il s'agit d'un prêt, de l'utiliser après consultation du gouverneur légal ou son représentant comme il est le cas précédemment.

Et je tiens ici à te répéter ce que j'ai dit auparavant au sujet de l'utilisation de l'argent des banques gouvernementales dans les pays musulmans en te rappelant qu'on ne peut l'utiliser qu'après autorisation du gouverneur légal ou son représentant.

Ainsi, si tu retires l'argent de ton compte, tu l'encaisse mais tu ne peux en disposer qu'après autorisation du gouverneur légal ou son représentant. Et si tu encaisses un chèque auprès d'une banque, l'argent encaissé ne peut être utilisé qu'après autorisation du gouverneur légal ou son représentant, ainsi de suite.

■ Parle-moi de l'ouverture de comptes bancaires pour l'importation et l'exportation, est-ce que ceci est permis?

- Oui, l'ouverture de compte bancaire pour l'importation et/ou l'exportation est permise. La banque privée ou gouvernementale peut encaisser des intérêts auprès de la personne ayant ouvert ce compte. Ces intérêts peuvent concerner les services de la banque concernant le paiement des créances, le contact avec l'exportateur, la réception et le transfert des documents relatifs à la marchandise etc.... Ils peuvent concerner aussi les intérêts sur les sommes avancées par la banque à la partie exportatrice et non couvertes par le compte de la personne du client.

■ Et en ce qui concerne la caution (al-kafâla) ou l'engagement financier (al-ta‘ahhud) auprès d'une banque dans le cas, par exemple, où la banque se porte caution pour un de ses clients auprès d'une partie quelconque officielle ou non?

- Cette caution est permise même lorsque la banque perçoit en contrepartie une commission du client?

■ Et pour ce qui est de la vente et l'achat d'actions dans une société ou autres?

- Il est permis d'acheter ou de vendre les actions d'une société quelconque à condition que les échanges de cette société ne soient pas illicites. Ce qui est le cas, par exemple, si la société exerce le commerce du vin ou pratique l'usure.

■ Il se peut que des sociétés demandent à une banque de vendre ses actions. La banque joue, dans ce cas, l'intermédiaire contre une commission quelconque?

- La société a le droit de le faire car c'est un échange permis.

■ Et pour ce qui est de la vente des obligations?

- Il n'est pas permis de vendre les obligations et les banques ne peuvent être l'intermédiaire pour leur achat ou leur vente et, évidemment, il n'est pas permis de prendre des commissions dans ce cadre.

■ Et les opérations de virement interne ou externe?

- Précise bien ta question ou donne-moi un exemple afin que je puisse te répondre clairement.

■ La banque émet un chèque au nom d'une personne pour qu'elle reçoive une somme quelconque sur son compte par l'intermédiaire d'un représentant dans une autre agence ou à l'étranger lorsque le client a, évidemment, de l'argent sur son compte. La banque peut-elle percevoir une commission sur ce rôle?

- Oui, elle a le droit de le faire.

■ Une personne verse une somme quelconque dans une monnaie précise dans une banque qui se charge de la transférer sur une autre agence bancaire à l'intérieur ou l'extérieur du pays. La banque peut-elle percevoir une commission contre cette opération?

- Oui, elle a le droit de le faire.

■ La banque vend et achète les devises étrangères en y ajoutant une commission financière. A-t-elle le droit de le faire?

- Oui, elle a le droit de le faire.

■ Une personne ayant accordée une créance à une autre personne qui lui remet à cet effet une traite. Le créancier souhaitant récupérer son argent peut-il vendre la traite à un prix plus bas que sa valeur?

- Oui, il a le droit de le faire.

■ Et pour ce qui est des mandats bancaires, c'est-à-dire le fait que l'emprunteur effectue des virements sur le compte bancaire d'un créancier ou le fait que la banque se charge elle-même de faire un virement sur une de ses succursales à l'étranger ou vers une autre banque?

- Les deux opérations sont valides légalement. En outre, la banque a le droit de prendre une commission suite à cette opération de transfert.

■ Les contrats d'assurance sur les personnes contre les dangers de mort ou d'autres risques ou sur les biens tels que les avions, les bateaux contre les risques de chute, d'écoulement, d'incendie...?

- Tous ces contrats sont valides et engagent les deux parties contractuelles.

■ Je laisse les banques et leurs opérations de côté pour te poser la question suivante : Est-ce qu'on peut vendre un mithqâl d'or façonné contre un mithqâl qui ne l'est pas en percevant un salaire sur l'opération d'orfèvrerie?

- Ceci est illicite et n'est pas permis même s'il est fréquent chez les orfèvres de nos jours. D'ailleurs, je t'ai répondu à cette question précédemment et je confirme ma réponse en répétant que ce surplus est illicite et n'est pas permis.

■ Quelques bijoux de mariage sont fabriqués en or blanc. Les hommes peuvent-ils les porter?

- Tu veux parler du platine?

■ Oui.

- Le platine est un métal différent de l'or. Il peut donc être porté par les hommes car seul l'or dans toutes ses formes est interdit pour eux.

■ La fabrication de poupées à forme humaine ou animale est-elle permise?

- [Non, elle n'est pas permise].

■ Et pour ce qui est du dessin sans relief d'un homme ou d'un animal?

- Il est permis.

■ Et la vente et l'achat des statues représentant un être humain ou un animal en vue de l'exposer à titre d'ornement?

- Ceci est permis aussi.

■ Quelques vêtements doux et fins sont présentés comme des produits en soie pure et naturelle par les vendeurs, mais j'ignore s'il s'agit vraiment d'une soie naturelle ou non. Dois-je chercher à savoir sa nature pour me rassurer?

- Non, tu n'as pas à chercher et tu as le droit de porter ce genre de vêtements.

■ Il est illicite de vendre ou d'acheter la flûte, les disques de musiques et autres instruments de divertissement illicite. Cependant, il existe des instruments de divertissement fabriqués pour les enfants afin de les amuser, peut-on ou non les acheter ou les vendre?

- La vente comme l'achat sont permis si ces instruments ne font pas partie des instruments de divertissement illicite.

■ Le propriétaire d'un terrain s'entend avec un entrepreneur pour qu'il lui construise une habitation contre un salaire précis et impose comme condition la livraison du logement dans un délai d'un an, par exemple, et en qu'en cas de non-respect de ce délai, l'entrepreneur doit lui payer une amende mensuelle bien définie.

Il se peut aussi que l'entrepreneur s'engage à achever la construction dans un délai d'un an à condition que le propriétaire ne tergiverse pas à fournir les matériaux de construction et qu'en cas d'un retard dans ce cadre, le propriétaire doit lui payer une amende financière bien définie.

Après la fin d'une année sans que la construction soit achevée et si le retard incombe au propriétaire qui n'a pas respecté ses engagements, l'entrepreneur peut lui imposer une amende financière qui peut être mensuelle ou unique quelle que soit la durée du retard en question.

Est-il permis de prendre le surplus dans les deux cas sachant que les deux parties se sont engagées pour ça lors de l'établissement du contrat?

- Oui, il est permis de prendre le surplus dans les deux cas.

■ Les autorisations de création de société, de maisons d'édition, d'usine et autres ont aux yeux de la loi et chez les gens une valeur financière tant qu'elles ne sont pas résiliées par l'État qui les a accordées. Elles peuvent donc se vendre, faire l'objet d'un héritage et de transmission de propriété d'une personne à une autre. Est-ce que cette opération est permise légalement?

- Oui, en ce qui concerne les autorisations signées par le gouverneur légal.

■ Quelques maisons d'édition éditent de grandes quantités de livre sans l'autorisation de son auteur ou de son éditeur initial en dépit de l'existence de l'inscription «les droits d'édition réservés pour l'auteur ou pour l'éditeur».

- Cette inscription n'a de valeur que dans le cadre d'une loi organisant les droits d'auteurs, d'éditeurs et similaires et signée par le gouverneur légal.

■ La taxidermie des animaux pour les exposer dans les salons est-elle permise?

- Oui, elle est permise.

■ Et la vente et l'achat du sang?

- C'est permis aussi.

■ Et la vente d'animaux dans la consommation de viande est-elle interdite par le rite religieux?

- Elle est permise.

■ Tu m'as dit précédemment que [s'asseoir autour d'une table où le vin est consommé est illicite], est-ce que j'ai le droit de signer un contrat de travail dans un magasin où se vend le vin, la bière, la viande non égorgée selon le rite musulman mêlés à d'autres produits licites à la vente sachant que je ne m'occupe que de la vente de ces produits licites?

Et quel est le jugement du salaire versé par le propriétaire du magasin qui le prend de sa caisse où se mêle l'argent de toutes les ventes?

- Si ton contrat stipule que tu ne t'occupes que de la vente des produits licites uniquement, il n'y a aucun problème dans ce cas et le salaire que tu perçois correspond à ton travail licite tant que tu ignores qu'il contient l'argent strictement illicite.

■ Pourrais-je travailler dans un restaurant où mon travail consiste à cuisiner la viande non égorgée selon la loi musulmane sans, toutefois, la présenter aux clients puisque mon travail se résume à la préparer?

- Oui, tu peux le faire.

■ Mes prochaines questions concernent le manger et le boire. Et je souhaite de te poser dans un premier temps la question suivante : peut-on manger, vendre et acheter les poulets importés des pays musulmans portant l'inscription «égorgé selon la manière musulmane»?

- Tu peux les magner, les vendre ou les acheter tant que tu ignores qu'ils n'ont pas été égorgés selon la loi musulmane même en l'absence de l'inscription citée.

■ Et en ce qui concerne les poulets importés de pays non musulmans mais qui portent l'inscription «égorgé selon la manière musulmane»?

- Tu ne peux pas les manger sans avoir la certitude que ces poulets ont été, effectivement, égorgés selon la loi musulmane. Autrement dit, l'inscription ne suffit pas.

■ Et pour ce qui est du fromage importé des pays non musulmans dont j'ignore la composition et la façon de fabrication?

- Tu peux le manger.

■ Pourrais-je consommer les poissons qui ne sont pas entièrement couverts d'écailles?

- Oui, tu peux manger le poisson qui porte au moins une écaille.

■ Peut-on consommer le poisson en conserve importé des pays européens et américains alors que deux remarques s'imposent :

La première : nous ignorons l'existence ou non d'écailles chez ce poisson mais le nom du poisson marqué sur l'étiquette le confirme sachant que ces pays exportateurs ont des lois très strictes concernant la concordance des étiquettes avec le contenu.

La seconde : nous ignorons si le poisson a été capturé vivant hors de l'eau ou s'il est mort dans le filet du pêcheur, mais il est admis que les bateaux modernes sortent le poisson vivant de l'eau et qu'il est très rare qu'un poisson mort s'y mêle.

- Si la certitude est acquise concernant l'égorgement rituel du poisson en question, en dépit des deux remarques avancées, tu peux le consommer. Dans le cas contraire, tu ne peux le faire.

■ Il existe de nombreux restaurants dans les marchés musulmans qui proposent de la viande aux clients?

- Tu peux consommer cette viande.

■ Même sans poser la moindre question à ce propos au restaurateur?

- Oui, tu peux la consommer sans interroger le restaurateur. Tu n'as pas à lui poser, non plus, des questions sur la religion des employés.

■ Peut-on boire la bière sans alcool? Est-elle pure?

- Je crois que tu veux parler de la boisson appelée en arabe al-fuqqâ‘ fabriquée à base d'orge qui amène la gaieté ou l’ivresse légère. C'est une boisson illicite [et considérée comme impure].

■ Doit-on vérifier et être certain de la composition d'un médicament avant de le prendre pour savoir s'il contient ou non des matières illicites?

- Absolument pas, il ne faut ni vérifier ni avoir la certitude.

■ Plusieurs médicaments et antiseptiques contiennent de l'alcool à faible dose. Peut-on les prendre? Sont-ils impurs?

- Ils ne sont pas impurs et il est permis de les prendre.

■ J'ai beaucoup d'autres questions diverses concernant de nombreux sujets.

- Pose les questions que tu veux?

■ La première est donc : est-il permis qu'une personne vivante fasse don d'un œil ou d'un rein à une autre personne vivante?

- Il n'est pas permis de faire don d'un œil. Quant au rein, il est permis d'en faire don si la personne à un autre rein sain.

■ Une personne recommande dans son testament de prélever des organes sur son cadavre pour les transplanter sur une personne qui en a besoin. Ce genre de testament est-il permis? Et, par conséquent, peut-on prélever des organes sur cette personne?

- [Non, ceci n'est ni valide ni permis] si la personne ayant fait le testament est musulmane sauf si la sauvegarde de la vie d'un autre musulman en dépend. Dans ce cas, il est permis de prélever les organes nécessaires même en l'absence d'un testament. Toutefois, [le prix de sang (al-diyya) doit être payé par celui qui effectue ce prélèvement] sauf en la présence d'un testament allant dans ce sens ce qui annule le paiement de ce prix de sang.

■ Il arrive que le médecin procède à la ligature des trompes de la femme pour qui la grossesse constitue un risque pour sa santé tout en ayant la possibilité de les ouvrir plus tard par intervention chirurgicale.

- La femme a le droit de le faire même si on ne peut les ouvrir par la suite.

■ Une société teste un médicament sur un patient à son insu pour juger de l'efficacité du médicament en question.

- Il n'est pas permis à cette société de le faire.

■ Peut-on procéder à l'autopsie d'un cadavre pour une raison importante telle que l'élucidation d'un crime, l'apprentissage de la médecine etc?

- Il n'est pas permis de faire l'autopsie du cadavre d'un musulman pour ce genre de raisons. Quant à l'autopsie d'un mort mécréant dont le sang n'était pas protégé lors de sa vie, elle est permise. Elle l'est aussi s'il y a un doute concernant la jouissance de la protection ou non du mort mécréant lors de sa vie et en cas d'absence de preuve légale.

■ Nombreux sont les rapports qui rappellent les dangers du tabagisme dont le fait qu'il soit la cause principale des maladies du cœur et des veines, du cancer pulmonaire, de la tension sanguine etc...

Est-il permis, donc, au non-fumeurr de commencer à fumer?

Est-il permis à l'accoutumé de continuer à le faire?

Enfin est-il permis à la femme de continuer à fumer alors que les médecins disent, clairement, que la fumée porte préjudice à la mère et au fœtus?

- Si le fait de fumer provoque un mal considérable au fumeur et à la fumeuse et à son fœtus, cet acte devient illicite que ce soit pour le débutant ou pour l'accoutumé qui ne peut, cependant, subir un mal plus grave en y renonçant. Pour la personne qui ne peut se passer du tabac sans subir un mal considérable, elle doit choisir entre le moins grave des maux.

■ Il arrive qu'on offre au nouveau-né des cadeaux qui peuvent être des bijoux en or, des aliments ou de l'argent. Ces cadeaux sont-ils pour le nouveau-né ou pour ses parents?

- La réponse varie selon la nature des cadeaux. Pour ce qui est des bijoux qui correspondent au nouveau-né, ils reviennent à celui-ci. Quant aux aliments et autres cadeaux de ce genre, ils reviennent aux parents. Pour ce qui est de l'argent qu'on met sous l'oreiller et de l'enfant ou dans ses vêtements, il semble qu'il appartient à ce dernier.

■ Les parents ont-ils le droit de disposer des biens de leur enfant mineur?

- Ceci est permis pour le père si son acte ne porte pas préjudice à l'enfant. Quant à la mère, elle ne peut en disposer sans l'autorisation du père ou du grand-père. Avec l'autorisation d'une de ces deux personnes, la mère peut en disposer à condition que son acte ne porte pas préjudice à l'enfant. Mais ni le père ni la mère ne peuvent disposer des biens de l'enfant d'une façon portant préjudice à ce dernier et doivent, par conséquent, garder ces biens jusqu'à la majorité de l'enfant.

■ Est-il permis de faire usage de la magie blanche pour attirer le bien, contrairement à la magie noire utilisée par les malhonnêtes?

- La magie dans toutes ses formes est illicite [même celle utilisée pour annuler un sort maléfique], sauf si la protection de l'âme respectée en dépend.

■ Et le spiritisme qui consiste à interroger les esprits sur leurs états ou sur l'interstice et autres questions de ce genre?

- Il est illicite de parler aux esprits des personnes qui peuvent en subir un mal et dont l'âme est respectée.

■ Des gens prétendent qu'ils peuvent utiliser les anges à leur guise!

- Cette prétention n'a aucun fondement.

■ Est-il permis d'accrocher sur les murs les représentations dessinées du Prophète (pbAsl) et des Imâms (bs eux)? Est-il permis de croire qu'il s'agit vraiment de leurs images?

- Il est permis de les accrocher mais croire en leur conformité à leurs images est complètement faux.

■ Quelques réalisateurs cinématographiques réalisent des films historiques sur le Prophète (pbAsl) ou sur les Imâms (bs eux) :

Est-il permis à un comédien d'incarner la personnalité du Prophète (pbAsl) ou celle d'un Imâm (bsl)?

Si la réponse est oui, le comédien doit-il être un croyant?

- Il est permis d'incarner leur personnalité (bs eux) à condition que cette mise en scène ne porte pas préjudice à leurs images et à leurs rangs. Il est certain que les caractéristiques et les qualités du comédien incarnant ce rôle comptent pour beaucoup ici.

■ Les gens jettent les journaux, les revues et des livres sacrés dans les décharges alors que ces écrits contiennent des versets coraniques ou les Plus Beaux Attributs de Dieu qu'Il soit exalté?

- Ceci n'est pas permis et il faut les ramasser de ces lieux et les nettoyer des impuretés qui peuvent les souiller.

■ Lors d'une dispute verbale, quelques belligérants profèrent, malheureusement, des paroles reniant Dieu qu'Il soit exalté ou des insultes contre les Imâms infaillibles (bs eux) alors qu'ils ne le pensent pas du tout. Doit-on leur appliquer la peine légale (al-had) adéquate?

- Tant qu'ils ne parlent pas sérieusement ni intentionnellement, on ne peut leur appliquer la peine légale mais uniquement la réprimande (al-ta‘zır) .

■ Et dans le cas où ils sont sérieux et insistants dans leurs insultes envers Dieu qu'Il soit exalté, le Prophète (pbAsl), les Imâms (bs eux), la religion, le rite, etc?

- Leur jugement est la mort.

■ J'ai d'autres questions diverses que je souhaite te poser en dépit de ma prolixité en te priant de m'en excuser :

Est-il permis à la femme d'apprendre la conduite avec un homme étranger sachant que ceci l'oblige à s'isoler avec lui et l'accompagner dans des lieux prévus pour cet apprentissage où il y a peu de gens?

- Oui, il lui est permis de le faire à condition qu'elle ne tombe pas dans l'illicite.

■ A-t-elle le droit de se faire une photographie sans voile pour la mettre sur son passeport?

- Il lui est permis de la faire si elle est obligée de mettre une photographie sans voile sur le passeport ou sur tout autre document officiel. Toutefois, le photographe doit d'abord être son époux ou un des proches avec lesquels elle ne peut se marier et en cas de besoin, il lui est permis de se faire photographier par un étranger.

■ Est-il permis d'égorger un animal en partant de sa nuque?

- Oui, ceci est permis.

■ Est-il permis de fouiller une tombe si ceci n'implique pas le déshonneur du mort?

- Ceci n'est permis que dans des cas très précis définis par les livres de jurisprudence dont une nécessité absolue.

■ Peut-on confier un film à un photographe étranger pour le développer sachant qu'il contient des photos de femmes voilées?

- Ceci est permis si le photographe ignore l'identité des femmes photographiées et si les photos ne sont pas aguichantes.

■ Supposons que j'ai trouvé une somme d'argent dans la rue, au marché à l'aéroport, à la gare, au port ou dans un taxi et que j'ai la certitude que je ne peux retrouver son propriétaire?

- Offre-la en aumône à sa place.

■ Et si un enfant trouve une somme d'argent quelconque, disons importante?

- Si cet argent ne comprend aucun signe pouvant aider à retrouver son propriétaire, il est permis au tuteur de l'enfant de se l'approprier pour cet enfant. En cas d'existence d'un signe quelconque, il faut tout faire pour retrouver le propriétaire comme nous l'avons dit dans une précédente causerie.

■ Je passe ici à un autre sujet pour te demander s'il est permis de demander les moyens de subsistance, un enfant, une bonne capacité de mémorisation ou la guérison auprès des Imâms infaillibles (bs eux)?

- Laisse-moi te poser d'abord la question suivante :

Tu leur demandes ça parce qu'ils créent, donnent les moyens de subsistance ou fortifie la mémoire?

■ Non, mais parce qu'ils sont le moyen pour se rapprocher de Dieu qu'Il soit exalté et les intercesseurs auprès de Lui et qu'ils ne font rien sans Sa volonté?

- Tu veux dire qu'ils demandent à Dieu qui crée, qui donne les moyens de subsistance, qui donne la mémoire car ils sont des intercesseurs et leurs demandes et invocations ne peuvent être refusées et aussi en raison de leur rang auprès de Lui et qu'ils sont nos dirigeants?

- Oui, je veux exactement parler de ça.

- Ceci est permis. Dieu qu'Il soit exalté dit : «cherchez le moyen de vous rapprocher de Lui» (Al-Mâ’idah (la table servie), verset 35) et ils sont notre moyen pour Dieu qu'Il soit exalté.