Les Fatwas Simplifiées

La causerie de l'impureté majeure (al-janâba)

Contrairement à son habitude, mon père arriva le premier à notre lieu de discussion. Il ne remarqua pas mon arrivée car il était pensif, méditatif, la tête penchée vers le sol, les yeux plongés dans les profondeurs de son cœur, comme s'il laissait à ses sentiments la liberté d'aller au-delà des murs de la chambre, des murs ornés de la blancheur immaculée des questions et par l'innocence du cœur d'un enfant.

Mais, dès qu'il m'avait aperçu, ses yeux retrouvèrent leur force belle et tranquille puis il me dit :

- Je commencerai la causerie par une introduction qui nous amènera au cœur du sujet du jour, la causerie de l'impureté majeure (al-janâba). Il poursuivit :

- Je t'ai parlé dans «la causerie de l'impureté (al-najâsa)», des impuretés qui enlèvent à nos corps et aux choses leur pureté originale. Et dans «la causerie de la pureté (al-tahâra)», des purificateurs qui redonnent à nos corps et aux choses leur pureté violée.

Et si tu relies la liste des «impuretés»,tu constateras qu'elles sont toutes des éléments matériels qui surviennent sur le corps, ou se produisent par celui-ci ou par toute autre source.

Mais, il existe aussi des éléments abstraits qui s'ils surviennent, privent la personne de sa pureté ce qui l'oblige à recourir à ce qui est à même de lui redonner sa pureté volée et sa belle netteté perdue.

Ce hadath ou impureté légale est deux sortes : le grand et le petit.

Le grand hadath concerne : l'impureté majeure (al-janâba), les menstrues (al-hayd.), l'écoulement sanguin après l'accouchement (al-nifâs), la perte anormale de sang chez la femme (al-istihad.a), toucher un mort et la mort.

Le petit hadath englobe : l'urine, les excréments, la flatulence, le sommeil, la perte infime de sang chez la femme etc.

Le grand hadath se lave par les grandes ablutions (al-ghusl) ou s'essuie par la purification sèche (al-tayammum).

Le petit hadath se lave par les ablutions partielles (al-wud.ü’) ou s'essuie par la purification sèche (al-tayammum).

Nous discuterons de ces choses dans nos causeries prochaines et nous commençons, dès aujourd'hui, par l'impureté majeure (al-janâba).

■ J'ai dit à mon père :

Comment se réalise l'impureté majeure?

- Elle se réalise par une des deux choses suivantes :

Premièrement : la sortie du liquide spermatique suite à un acte sexuel, un rêve érotique, une masturbation ou autre.

■ Quelles sont les caractéristiques du liquide spermatique?

- C'est un liquide gluant et épais. Son odeur ressemble à celle d'une pâte fermentée. Sa couleur laiteuse peut virer vers le jaune ou le vert. Il sort, généralement, lorsque le désir sexuel atteint son paroxysme accompagné d'une éjaculation puis d'un relâchement et d'une décontraction du corps.

■ Et si tu doutes que ce liquide gluant est du sperme ou un autre liquide quelconque?

- Je te donne trois signes qui, s'ils sont réunis, le liquide est du sperme.

Ces signes sont : le désir, l'éjaculation et le relâchement du corps ou sa décontraction.

En ce qui concerne la personne malade, le désir suffit.

■ Et si seulement un ou deux signes sont réunis?

- Tu n'as qu'à dire qu'il ne s'agissait pas de liquide spermatique, sauf pour le malade comme je l'ai précisé ci-dessus.

■ La femme a-t-elle un liquide spermatique comme l'homme?

- Oui le liquide qui sort de son vagin lorsque le désir sexuel atteint son pic est soumis à la même règle que le sperme que sa sortie eut lieu en sommeil ou en éveil.

Deuxièmement : le contact sexuel même s'il n'amène pas la sortie du liquide spermatique. Pour que ce contact soit effectif, il suffit que la verge entre dans le vagin ou l'anus de la femme.

■ Et si le liquide spermatique sort ou si le contact sexuel est effectif?

- Ceci occasionne l'impureté majeure (al-janâba) pour le faiseur et celui qui a subi l'acte sans distinction entre l'âgé et le jeune, le raisonnable et le fou, le vivant et le mort.

■ Et si l'impureté majeure (al-janâba) est effective?

- Tu dois procéder aux grandes ablutions (al-ghusl) pour accomplir, par exemple, la prière ou les circumambulations rituelles (al-t.awâf) durant le pèlerinage. En effet, la prière et les circumambulations rituelles ne peuvent être valides sans les grandes ablutions (al-ghusl) et je t'expliquerai dans une prochaine causerie comment faire ces grandes ablutions.

En outre, plusieurs choses te sont interdites tant que tu es en état d'impureté majeure :

1 - Toucher le Saint Coran.

2 - Toucher le nom de la Majesté «Allah», [ainsi que Ses plus beaux attributs tel que «Le Créateur»].

3 - Lire les chapitres dit al-‘azâ’im à savoir, «Al-‘Alaq (L'adhérence) , Al-Najm (L'étoile), Al-Sajda (La prosternation) et Fus.s.ilat (Les versets détaillés)».

4 - Entrer dans les mosquées, y rester, y prendre ou y poser quelque chose [même si ceci peut s'effectuer de l'extérieur ou uniquement par passage.

Il est permis, toutefois, de les traverser en entrant par une porte pour sortir d'une autre sauf pour les deux grands lieux saints, «la mosquée Al-harâm à La Mecque et la mosquée du prophète à Meddine». [Les tombeaux des Imâms infaillibles (ma‘s.ümın) (bs eux) sont considérés comme des mosquées].

■ Est-ce que cette interdiction s'applique à la cour intérieure ou le couloir non utilisés comme des mosquées?

- Non. On ne peut les inclure dans les mosquées.

■ Avant de conclure cette causerie sur l'impureté majeure, je souhaite te poser deux questions mais je suis énormément intimidé.

- Demande-moi ce que tu veux sans pudeur car, comme je ne le cesse de le répéter, il n'y point de pudeur dans l'apprentissage de la religion

■ Quelques fois, suite à une excitation sexuelle, je constate qu'une goutte gluante d'un liquide blanc et transparent sort de ma verge.

- Oui. Ce liquide est pur. Il n'altère ni les vêtements ni le corps et ne t'impose ni les grandes ni les petites ablutions. Il existe un autre liquide qui sort quelque fois après l'urine, ce liquide est, lui aussi, pur et n'impose pas d'ablutions s'il se produit.

■ Et la masturbation?

- La masturbation est illicite. Tu dois l'éviter. L'Imâm Al-s.âdiq (bsl) la considère, dans quelques-uns uns de ses textes, au même rang que l'adultère ou la fornication.