Les Fatwas Simplifiées

La causerie des menstrues (al-hayd.)

Aujourd'hui, mon père s'est assis sur la chaise qui lui est préparée dans la chambre ou nous tenions nos discussions. Un grand sourire ornant ses lèvres m'a convaincu qu'une question inhabituelle traversait son esprit. Quelques minutes après, il m'a dit :

- Aujourd'hui, je te perlerai des menstrues (al-hayd.).

J’ignorais jusqu'à ce jour la signification des menstrues même si j'ai entendu ce terme auparavant... Mais ce qui a attisé ma curiosité pour comprendre son sens... c'est que j'ai entendu les femmes le prononcer avec une honte pudique, à voix très basse et furtive comme si le vocable impliquait quelque chose de déshonorant... Et dès que j'ai compris que la discussion sur ce thème du jour a commencé, un profond sentiment de timidité m'envahit. Pourquoi toute cette timidité pesante? Cette question ne cessa de me tourmenter...

La question m'obséda et me mit, en même temps, dans un état de joie... Pourquoi toute cette timidité? Pourquoi!? Et si les menstrues sont aussi intimidantes et honteuses, comment mon père va-t-il m'en parler aujourd'hui?... Puis, est-il utile de me parler de cette question qu'il est préférable de ne pas évoquer?

Mais, je me suis rappelé d'une chose... Puisque les sujets de nos causeries tournent autour des règles légales, par conséquent le thème des menstrues est abordé par la jurisprudence musulmane. Et si c'est le cas, que signifie, donc, la timidité de parler d'une question évoquée par le Saint Coran, abordée par le prophète (pbAsl) et détaillée par Imâms infaillibles (ma‘s.ümın) (bs eux)? Et après tout, pourquoi avoir honte d'une question dont nous devons connaître les règles pour les mettre en pratique?

La voix de mon père mit fin à mes interrogations :

- La cause des menstrues est l'écoulement du sang des menstrues. C'est un sang que les femmes connaissent et auquel elles sont habituées. Il coule à des périodes régulières espacées d'un mois environ. Il est d'une couleur rouge vif penchant vers le noir. Chaud;, il s'écoule avec douleur et abondance.

■ Y a-t-il un âge précis pour que les femmes aient les menstrues?

- Oui. Dès l'âge de neuf années lunaires et jusqu'à la soixantaine qui est l'âge critique (al-ya’s).

■ Donc, entre 9 et 60 ans?

- Oui. Tout sang constaté par la fille avant ses neuf ans, même pour un instant, ne peut être considéré comme menstrues. De même, le sang que la femme remarque après la soixantaine n'est pas soumis aux règles légales de menstrues.

■ Combien de jours durent l'écoulement du sang des menstrues?

- Au minimum trois jours englobant deux nuits et au maximum dix jours.

■ Et si l'écoulement dure moins de trois jours puis s'arrête?

- Ce sang n'est pas des menstrues.

■ Et s'il dépasse les dix jours?

- Les menstrues ne dépassent pas dix jours.

■ Et si la femme termine sa période de menstrues, devient pure puis constate un écoulement de sang une seconde fois neuf jours après par exemple?

- Ce sang n'est pas des menstrues car il faut, toujours, un espace de dix jours entre deux périodes de menstrues.

■ Quand la femme peut-elle se considérer en période de menstrues?

- Si son sang s'écoule à son temps habituel ou quelque temps avant, c'est-à-dire deux ou trois jours.

■ Comment la femme peut-elle avoir un temps habituel?

- Si le sang s'écoule d'elle deux fois à un temps particulier durant deux mois ou plus.

■ Et si la femme n'a pas de temps habituel comme il est le cas pour la fille qui a ses menstrues pour la première fois ou pour la femme déréglée, comment peut-elle se considérer en état de menstrues?

- Elle peut se considérer en état de menstrues si un des deux éléments suivants se vérifie :

1 - Si le sang réunit les caractéristiques du sang des menstrues, à savoir la couleur rouge ou noire, la chaleur et l'écoulement avec douleur et abondance.

2 - Si la femme constate avec certitude que le sang s'est écoulé pendant trois jours ou plus.

■ Et si elle se considère en état de menstrues en se basant sur un des deux éléments précédents, délaisse la prière puis constate, par la suite, que le sang s'est arrêté avant trois jours. Que doit-elle faire dans ce cas?

- Elle doit faire les prières compensatoires correspondant à cette période.

■ Et si le sang continue à couler dix jours ou plus et dépasse le nombre normal de jours de ses menstrues?

- Elle doit se considérer en état de menstrues durant toute la période d'écoulement du sang, même si celui-ci perd quelques caractéristiques du sang des menstrues.

■ Et si le sang continue à couler plus de dix jours dépassant sa période précise dans le temps et dans le nombre de jours?

- La femme doit se considérer en état de menstrues pendant son temps habituel et non pour les jours précédents ou antérieurs à ce temps.

■ La femme ayant un temps habituel ne constate pas d'écoulement de sang au moment prévu. Celui-ci s'écoule par la suite et continue à le faire plus de dix jours. Durant cette période, le sang avait les caractéristiques du sang des menstrues avant d'en perdre quelques-unes unes. Lequel de ses deux sortes de sang est celui des menstrues?

- Le premier. Mais, il faut observer le nombre des jours habituels en les complétant, le cas échéant, avec des jours durant lesquels le sang des menstrues aurait perdu une ou quelques-unes unes de ses caractéristiques. Et si l'écoulement du sang des menstrues dépasse le nombre de jours habituels, elle ne peut être considérée en état de menstrues au-delà de ce nombre.

■ Si le sang coule plus de dix jours chez une fille ou une femme qui n'a pas de temps habituel telles que la débutante, la déréglée ou la réticente, comment peut-on distinguer le sang des menstrues d'un autre?

- En prenant en compte la différence des caractéristiques. Si le sang qui s'écoule réunit les caractéristiques du sang des menstrues et que son écoulement dure entre trois et dix jours, elle doit le considérer comme menstrues. Le reste est une perte anormale de sang chez la femme (al-istihad.a). Je te parlerai de ses règles dans une prochaine causerie.

■ Et si la femme doute de la fin de ses menstrues? C'est-à-dire, elle ne sait pas si elle est pure ou si elle est toujours en état de menstrues?

- Elle doit vérifier.

■ Comment peut-elle vérifier?

- En introduisant, pendant un instant, une boule de coton dans l'orifice d'où s'écoule le sang. Après quoi, elle vérifie si le coton est toujours blanc et propre. Si c'est le cas, elle doit faire les grandes ablutions puis reprendre ses pratiques adoratives tels que la prière, le jeûne etc... Et si le coton était imbibé de sang ou coloré, elle est toujours en état de menstrues.

■ Et si elle constate qu'elle est toujours en état de menstrues, que doit-elle faire? Que doit-elle éviter?

- Les jugements de la femme durant les menstrues sont les suivantes :

1 - Sa prière, obligatoire ou surérogatoire, n'est pas valide.

2 - Elle ne doit pas compenser les prières non effectuées durant la période des menstrues.

3 - Son jeûne n'est pas valide.

4 - Elle doit compenser le jeûne non effectué durant la période des menstrues. [La même règle s'applique au jeûne non obligatoire effectué pour magnifier Dieu]

5 - Les circumambulations rituelles (t.awâf), obligatoires ou surérogatoires, durant le pèlerinage ne sont pas valides.

6 - Elle ne peut être répudiée (divorcée) durant sa période de menstrues sauf dans des cas exceptionnels.

7 - Les relations sexuelles par-devant sont interdites durant la période des menstrues. Elles sont permises à leur fin et avant les grandes ablutions [une fois que la femme a lavé son vagin].

8 - Il lui est illicite tout ce qui n'est pas permis pour une personne en état d'impureté majeure (al-janâba). (Cf. la causerie spécifique à cette question).

9 - Elle doit effectuer les grandes ablutions pour faire la prière à la fin de la période des menstrues. Je t'expliquerai dans une causerie à venir comment faire les grandes ablutions.